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Arts et Sciences, Hommes et Dieux

Jacques Henri PREVOST

 

 
Petit Manuel d’Humanité

CAHIER 47 - Orphistes et Pythagoriciens.

MANUSCRIT
ORIGINAL


 N° 00035434
Tous droits
réservés
   
 

Table des Matières interactive.

Introduction.

Orphée, poète initiateur.
Le mythe en images dans la peinture.

Du mythe d'Orphée à la religion orphique.
La fraternité de Pythagore et sa doctrine.

Pythagore, les Sciences et les Arts.

Les Pythagoriciens et nous.

Le mythe d'Orphée dans les arts et les lettres.

La légende d'Orphée au cinéma et au concert.

Orphée et Eurydice à l'Opéra.

L'école cubiste dite "orphique".

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Orphistes et Pythagoriciens.

Introduction

 

 

Il y a beaucoup d'analogies entre le poète Orphée qui est une figure mythologique, et le philosophe Pythagore, véritable personnage historique qui vécut cinq siècles avant notre ère. Ils ont en commun d'être à la base de deux philosophies mystiques, l’Orphisme et le Pythagorisme, qui partagent des croyances et des pratiques similaires. Leurs partisans croient en l’immortalité de l’âme emprisonnée dans le corps, et leurs pratiques visent à l’aider dans sa future existence après la mort. L’Orphisme proposait aux fidèles des rites mystiques et des règles ascétiques de vie. Les Orphistes étaient végétariens et rejetaient toute violence, y compris les sacrifices sanglants. L'enseignement de leurs Mystères proposait de rompre le cycle perpétuel de l'incarnation et de la souffrance, et leurs rites funéraires permettaient à l'initié de s'affranchir des liens du corps, de trouver son chemin dans les enfers, d'être reconnu par les Divinités Infernales, et par le souvenir de ses origines célestes, de se joindre à la race bienheureuse. L'Orphisme originel ne semble pas avoir enseigné la réincarnation ou la métempsycose (la transmigration des âmes personnelles telle qu'elle est exposée dans le mythe d'Er chez Platon), mais plutôt la palingénésie, (le retour périodique et éternel des mêmes événements avec un retour à la vie éventuellement sous d'autres formes d'existence, père et fils par exemple, comme chez les stoïciens). Pour les Pythagoriciens, par contre, l’âme personnelle revient dans un corps nouveau selon les vertus ou les vices de sa vie précédente. Le corps est donc une prison où l’âme expie ses fautes antérieures. C’est donc une réincarnation (métempsychose). Les réincarnations successives permettent la purification progressive de l’âme, puis sa libération. Les Pythagoriciens étaient également végétariens et pacifistes. Leur métaphysique proposait aussi une explication scientifique de l’univers. Pythagore croyait à l’universalité principielle des nombres dont la combinaison expliquait toute existence. ll est le précurseur de la science actuelle et de ses applications modernes. Il aurait inventé le mot "philosophie", (de 'philos' qui aime et 'sophia' la sagesse). Les philosophes présocratiques, dont les Orphistes et les Pythagoriciens, ont fondé la pensée scientifique par leurs intuitions, validées par nos sciences actuelles, et leurs théories sur la survie de l'âme sont à la base de toutes les grandes religions sotériologiques (de salut) occidentales. Orphée et Pythagore ont aussi laissé des traces dans nos arts et lettres modernes. 

  

 

Orphée, poète initiateur

 


 


 

L’Orphisme était un courant religieux de la Grèce_antique. Il nous est connu au travers des textes divers et par des vestiges funéraires dont Les Lamelles d'or et autres découvertes. On situe ses origines au moins à 560_av._J.-C. Les dernières œuvres « orphiques » datent du Ve_siècle de notre ère. L'orphisme se présente comme un courant mystique tel que la pensée grecque en avait développé à partir du IVe_siècle_av._J.-C.. Son nom provient d'Orphée, un poète et initiateur mythique. Notre connaissance de l'Orphisme demeure incomplète et chargée de mystère. Dans le très ancien mythe d'Orphée, la descente du poète aux Enfers à la recherche d'Eurydice, donna naissance à une théologie véritablement initiatique. La doctrine orphique est sotériologique (religion de salut). Originellement souillée, l'âme est condamnée à un cycle de réincarnations que l'initiation peut seule rompre pour lui permettre de rejoindre le divin. Dans cette doctrine, Orphée n'est pas adoré, il est seulement vénéré et demeure un homme, en marge des dieux. Par certaines de ses pratiques, particulièrement le végétarisme et le refus des sacrifices sanglants, l’Orphisme paraît contester la religion grecque traditionnelle. La religion est fondée sur une cosmogonie et une théogonie très particulières. La divinité principale est ici Phanès, (autrement nommé Éros, ou Protogonos). Issu de l'éclosion de "l’œuf cosmique", Phanès-Éros est à l’origine de tout. Créateur du soleil et de la lune, ils est aussi père de la nuit. Dans le panthéon orphique, on retrouve Zeus et surtout Dionysos, un divinité singulière, exubérante et excentrique à laquelle les Orphistes rendent un culte particulier. C'est l'un de ces cultes à Mystères qui préparaient l'arrivée du monothéisme. Les confréries orphiques étaient présentes dans la Grèce antique et le monde romain. Il semble qu'il ait existé des sortes de prêtres, les orphéotélestes, des prosélytes assez douteux critiqués par Platon.

Le thème de l'oeuf cosmique intéressait Salvator Dali qui l'a traité de différentes façons

La cosmogonie orphique postule une unité originelle qui est brisée puis restaurée sous le règne de Dionysos. Elle est donc en désaccord avec la cosmogonie classique d'Hésiode qui part du surgissement de la béance primitive (le Chaos originel) pour aboutir à l'ordre divin placé régi par Zeus. Selon l'Orphisme, au commencement est Nyx, la Nuit ténébreuse, la Primordiale. Elle est aux côtés de Chaos, Tartare et Erèbe. Dans cet abîme de noirceur, Nuit revêtit la forme d'un oiseau aux ailes sombres et déposa un Oeuf d'argent, un Oeuf "clair", non fécondé, dans le sein gigantesque des ténèbres. Puis, sous l'action du Temps infini, l'Oeuf se brisa, laissant surgir Phanès aux ailes d'or, un être extraordinaire, androgyne, d'une blancheur éclatante, et que l'on nomme aussi "Éros",  "Protogonos" ou "Eriképaios". Phanès est donc né de l'oeuf primordial quand il a été séparé en deux par Chronos, le temps, et Ananké, la nécessité impérieuse. La partie supérieure de l'oeuf est devenu le ciel tandis que la partie inférieure devenait la terre. Le nom de "Phanès", (le Lumineux), rappelle qu'en premier il éclaira le monde en révélant ce qui était dissimulé dans l'Oeuf. Protogonos, (le Premier-né), indique son antériorité, sa primauté en tant qu'être manifesté. "Eriképaios", (le Puissant), c'est la force créatrice. Eros, (l'Amour), s'unissant à Chaos dans l'obscurité du Tartare, et fécondant en quelque sorte les Ténèbres de sa clarté, il amène les principes de Ciel et de Terre qui étaient au fond de l'Oeuf à s'unir, démarrant alors le processus de Création. Jaillissant de l'Oeuf primordial où se trouvait la "semence du Vivant", Phanés, dans sa splendeur, apparut à l'univers entouré d'un Serpent et portant les têtes animales, du Bélier, du Taureau et du Lion. Une autre version dit que ce sont Okéanos et Téthys qui se trouvaient au fond de l'Oeuf, et subirent les premiers l'influence de l'Amour.

L'Oeuf primordial source de la création

Toutes les cosmogonies voisines orphiques postulent une unité originelle brisée ultérieurement rétablie sous le règne de Dionysos, et ce thème de la réunification, de la reconstitution, ou de la réconciliation, fait le lien entre elles. Le mythe orphique de Dionysos peut être considéré comme constitutif de l'Orphisme. Phanés-Éros offrit finalement l'empire du monde à Zagréus, première incarnation de Dionysos, un des enfants de Zeus. Les autres Titans, jaloux, le charmèrent avec des miroirs, le démembrèrent, le firent bouillir et rôtir, puis le dévorèrent. Horrifié, Zeus foudroya les Titans meurtriers. De leurs cendres naquirent les hommes marqués par cette double origine. De la cendre des Titans provient leur constante propension au mal, mais l'énergie divine et d'amour du bien provenant de Dionysos subsiste en eux comme une étincelle. Zeus fit  ensuite renaître Dionysos de son coeur sauvé par Athéna. Cependant, sa mère Perséphone, interdit que l'homme, marqué de la faute des Titans, gagna le monde divin. Elle le condamna à errer de vie charnelle en vie charnelle, oublieux de son origine divine. L'orphisme professe une démarche de purification de l'Homme, chez qui le divin se combine avec le titan qui est une souillure. Le mythe central de l'Orphisme est bien celui de la mise à mort de Dionysos. Les Titans orphiques sont-ils identiques à ceux d'Hésiode, les douze enfants d'Ouranos et Gaïa ? Pour ne pas choquer le public mais aussi pour subvertir de l'intérieur la religion civique grecque les Orphiques utilisaient des appellations classiques comme Dionysos, Orphée, Zeus, les Titans, ou Perséphone, avec un sens parfois différent. La Perséphone orphique ressemble à la Reine des Enfers habituelle. Pour les Orphiques, mais elle est aussi ici la mère de Dionysos lequel n'est donc pas celui d'Euripide (Sémélé  "les Bacchantes"). De même, il faut bien distinguer le doux poète amoureux du mythe "Orphée et Eurydice" et l'Orphée orphique, bien plus politique. Le mythe romanesque montre un Orphée héroïque et souffrant recherchant son épouse jusqu'aux lieux infernaux, tandis que l'Orphisme se place sous sa protection tutélaire essentiellement parce qu'il est un initié revenu des Enfers, et qu'il peut donc servir à en proclamer les mystères.

  

 

La passion de Dionysos-Zagréus.
Fresque de la Villa des Mystères dionysiaques, à Pomp
éi.

Le mythe en images dans la peinture classique

 

 

Le mythe conté par la peinture
Paysage avec Orphée et Eurydice (N. Poussin)
Orphée poète et musicien de génie
Orphée charmant les animaux ( Boucher) Orphée (Delacroix)
 Le jour de son mariage, Eurydice est mordue par un serpent

Mort d'Eurydice (Nicolo. dell'Albbate) Les lamentations d'Orphée (Alexandre Seon)
Orphée descend aux Enfers
Orphée charme le chien Cerbère Il charme aussi Charon et les Erinyes
Orphée rencontre Hadès dieu des Enfers
Orphée devant Hadès  et Persephone (Lancrenon) Hadès libère Eurydice (Rubens)
Orphée ramène Eurydice chez les vivants
Orphée et Eurydice (Sir E. J. Poynter) Traversée du Styx (J. R. Spencer Stanhope)
Eurydice retourne aux Enfers
 
Orphée perdant Eurydice (Lacour Pierre) Orphée et Eurydice (Michel Martin Drolling)
 Mort d'Orphée

Orphée est massacré par les Bacchantes ( Gregorio LAZZARINI )

 Du Mythe d'Orphée à la Religion orphique

 

 

L'orphisme né en Grèce à partir du sixième siècle avant JC est un mouvement religieux qui aurait été instauré par Orphée, un personnage légendaire qui vécut avant Homère. Orphée était selon la tradition un demi-dieu, fils de la Muse Calliope et du roi Œagre (ou du dieu de la beauté et des arts Apollon). Originaire de Thrace, il charmait de sa musique les animaux sauvages et même les êtres inanimés et est souvent décrit comme un enchanteur qui émerveillait tout le monde par ses chants et ses poésies. Orphée avait reçu sa lyre des mains d'Apollon et y avait ajouté deux cordes pour en faire un instrument incomparable. Il était très amoureux de sa femme, (une dryade), la douce Eurydice. Mordue au mollet par une vipère lors d'une marche en forêt juste après son mariage, Eurydice en mourut, laissant Orphée inconsolable. Il descendit aux Enfers pour réclamer son Eurydice au dieu Hadès. Arrivant au fond des enfers, il se mit à jouer de sa lyre et endormit ainsi le monstrueux Cerbère, ce chien à trois têtes qui en garde l'entrée, et les Euménides (ou Furies), les terribles Erinyes, Mégère, Alecto et Tisisphone, hideuses déesses ailées de la justice et de la vengeance aux chevelures de serpents. Sa musique émut aussi Hadès, le dieu des Enfers, qui libéra enfin Eurydice à condition qu'Orphée ne regarde pas sa femme ni ne lui parle avant d'être arrivé à la surface de la terre. Mais Orphée, n'entendant plus les pas de sa bien-aimée, inquiet de savoir si elle était toujours là, se retourna, rompant l'engagement et perdant définitivement Eurydice. Orphée, fou de chagrin, erra dans les bois et jura de ne plus aimer aucune femme. Il mourut massacré par des femmes jalouses, (les Bacchantes), qui jetèrent sa tête dans le fleuve Hébros (actuellement la Maritza). Sa tête dériva sur les eaux en chantant jusqu'à Lesbos. Les Muses affligées enterrèrent ses membres au pied du mont Olympe. Déposée dans le temple d'Apollon, sa lyre devint la constellation du même nom. En punition,  nous dit Ovide, les Bacchantes furent attachées au sol puis métamorphosées en arbres.

L'Orphisme, fondé sur une cosmogonie d'inspiration orientale, se présente en réaction contre un système qui associe le religion et la politique. L'Orphisme croit en la réincarnation. L'âme est enfermée dans le corps mortel en punition du meurtre originel commit par les Titans, dont l'homme est partiellement issu. Vouée à la réincarnation perpétuelle dans un corps humain ou animal, elle est prisonnière du "cercle de génération" (proche de la roue des renaissances bouddhique). Mais comme le Christianisme, l'Orphisme est une religion de salut (sotériologique). les Orphistes enseignent qu'une vie vertueuse, consacrée au bien et à la purification, peut supprimer l'empreinte titanesque de l'homme, libérant ainsi l'essence divine provenant de Dionysos, lui permettant alors une meilleure réincarnation. Et, certaines âmes ayant atteint la "pureté orphique" ne réincarneraient plus devenant immortelles. Les pratiquants de l'Orphisme vivaient à l'écart de la cité, ils refusaient le "phonos", le meurtre comme le sacrifice sanglant rituel de la religion officielle, et passaient pour des asociaux peu fréquentables. L'Orphisme professait que cette vie ascétique et mystique ne pouvait briser le cycle des réincarnations que si le pratiquant y ajoutait de nombreux rites et obligations, telles le végétarisme et l'abstinence. Il ne devait pas porter de vêtement en laine, s'habiller de blanc, (assez usuel à l'époque), et ne jamais approcher un cadavre. Après la mort, le défunt descend traditionnellement aux Enfers, devant Hadès où il est jugé sur sa vie passée. Les trois juges lui attribuent le type de corps mérité pour la prochaine incarnation. Avant celle-ci, les âmes impures doivent boire l'eau du fleuve Léthé pour oublier Hadès et les réincarnations précédentes. Les âmes sauvées évitent cette  eau d'oubli afin d'accéder à l'immortalité. Revenu des Enfers, Orphée incarne le modèle, le premier des "initiés", qui révèle aux hommes les arcanes mystérieuses menant à l'immortalité.

Orphée par Richmond The Orpheos Bakkikos Crucifixion
(Altes museum of Berlin, lost during Word War II)

Les initiations orphiques étaient essentiellement dédiées à Dionysos, dieu associé aux célèbres mystères d'Eleusis. Les initiations associaient une ascèse stricte, des jeûnes et de la musique. Cette combinaisons menait à l'état de transe, plongeant le participant dans l'extase mystique et le progrès spirituel. Au fil du temps, persécuté par la prêtrise grecque classique, l'Orphisme tomba en discrédit. Son enseignement devint plus secret et plus hermétique, et ses maîtres constituèrent des groupes d'initiés de plus en plus restreints. L'Orphisme fut un courant mystique majeur de l'occident. Comme le bouddhisme oriental, les fidèles orphistes avaient atteint un niveau fort élevé de spiritualité, en posant des notions ésotériques fondamentales comme la réincarnation et le cycle des renaissances, et en formulant des exigences purificatrices basiques comme le végétarisme, la non violence, etc.. En son temps, l'Orphisme a établi les bases de la future spiritualité grecque, en initiant le champs de recherche des présocratiques. Il a enseigné comment tenter de vivre à la fois la relation au corporel et au divin, les deux faces de la double nature humaine. l'orphisme constituait une véritable école initiatique qui a fortement influencé les écoles philosophiques ultérieures, le pythagorisme, le platonisme, le stoïcisme et le néo-platonisme. Présent dans la société gréco-romaine vers la fin du paganisme, l'Orphisme y préparait l'émergence du christianisme. D'ailleurs,  sur les tombes du début de l’ère chrétienne, la figure du Christ est souvent traitée à l'image d’Orphée. Cette filiation réapparut pendant la Renaissance à Florence, par la publication de l'Hymne Orphique, un recueil de 87 ou 88 hymnes, invoquant chacun une divinité païenne. Son d'origine est incertaine, et il avait été mis à l'index par le clergé au moyen âge. On voit qu'à la Renaissance, Orphée devint le symbole du renouveau des arts et de la connaissance, inépuisable source d'inspiration pour de  nombreux artistes.

  

Provenant d'endroits géographiquement distants et d'époques différentes, ces lamelles funéraires en or seraient datées du 5ème siècle avant J.C. jusqu'au du 3ème siècle de notre ère, donc étalées sur 800 ans ce qui est considérable.
Certaines lamelles contiennent des instructions ésotériques destinées à guider l'âme dans l'Autre monde ou en appellent à Mnémosyne. Ces références à la cosmogonie orphique les ont  fait dénommer "lamelles d'or orphiques".
 

Quelques lamelles d'Or orphiques

HIPPONION THURII PETELIA
PELINNA ELEUTHERMA MYLOPOTAMOS

 

En savoir plus
 

Voir "les Lamelles d'Or orphiques" en annexe.

Lien vers un site spécialisé sur "les Lamelles d'Or".

 La fraternité de Pythagore et sa doctrine



 

L'Orphisme se fondait sur la divinité de Dionysos et son mythe. Contrairement à Orphée, qui était un romantique poète mythique, Pythagore fut un personnage historique bien réel. C'était un savant philosophe grec, ésotériste, thaumaturge qui vécut au 6ème siècle avant J. C.. Né à Samos il mourut à 83 ans à Métaponte en Calabre lors d’une révolte populaire. Pythagore était un personnage assez mystérieux qui n'écrivait rien, et sa pensée n'était guère connue que par une tradition orale fort confidentielle. (On lui rapporte cependant une description du Monde en vers dite « Les Vers d’Or »). Sa pensée nous est parvenue au travers de textes néo-pythagoriciens des débuts de l’ère chrétienne, retranscrits par les néo-platoniciens. Pour Pythagore, le principe du Monde, c’est le nombre. Se fondant sur l’idée que le Cosmos obéit à des harmonies numériques, l’École Pythagoricienne a cherché à percer les mystères existentiels par l’étude des nombres et elle fut, par là même, à l’origine de la musicologie. Pythagore était un philosophe mathématicien, ésotériste, qui se voulait réformateur religieux et passait même pour être magicien. Il aurait été initié vers l’âge de 18 ans et faisant son apprentissage à Lesbos auprès d’un sage du nom de Phérécyde de Syros, prédicateur et magicien, qui lui aurait révélé que les âmes sont éternelles, et que l’Homme a deux âmes, l’une terrestre, l’autre d’origine divine. Il aurait beaucoup voyagé et rencontré des mages, des sages et des philosophes, en Phénicie ou en Syrie. Il serait arrivé en Egypte vers 547 avant J. C., résidant à Memphis et à Thèbes, où il étudia l’astronomie, la géométrie, et s’initia aux mystères égyptiens dans des écoles initiatiques où il apprit notamment la doctrine de la Résurrection d’Osiris. Pythagore se réfugia à Crotone en Sicile, lors de la conquête perse de sa province d'origine, l'Ionie. Il y établit sa doctrine sur la figure centrale d'Apollon, dieu resplendissant du Soleil, des Arts et des Lettres. Contrairement aux prudents et secrets Orphiques, Pythagore eut rapidement dans la ville une activité politique. Devenu célèbre, il y édicta rapidement des lois.

Orphistes et Pythagoriciens au soleil levant

La communauté de Crotone (l'école de Pythagore) fut d'abord une fraternité philosophique, religieuse et scientifique proche de l’Orphisme. Elle devint ensuite un ordre initiatique recherchant un pouvoir plus ou moins occulte. Ses 300 élèves administrèrent correctement la cité, et leur gouvernement constitua, dit Diogène Laërce, une véritable aristocratie. Pythagore se voulait "philosophe", un mot qui couvrait, à l'époque, un champs de connaissance bien plus large qu'aujourd'hui. Il enseignait que le principe des choses est la "monade", (l'unité primordiale, divine source des nombres). De la monade sortit la dyade, matière indéterminée dont la monade, est le maître et la cause. De la monade parfaite et de la dyade indéterminée sont venus les nombres. Des nombres viennent les points, des points les lignes, des lignes les surfaces et des surfaces les volumes. Des volumes proviennent tous les corps perceptible composés de quatre éléments : l’eau, le feu, la terre et l’air qui, assemblés de diverses façons, créent le Monde lequel est animé, spirituel, sphérique, et porte en son milieu la Terre, qui est ronde et habitée sur toute sa surface. Il y a donc des Antipodes où tout ce qui chez nous est en bas, là-bas est en haut. Il y a sur la terre de l’ombre et de la lumière, du froid et du chaud, du sec et de l’humide. L’air terrestre est immobile et insalubre, et tout ce qu’il baigne est mortel. L’air supérieur, toujours en mouvement, est pur et sain, et tout ce qu’il baigne est immortel, donc divin. Le soleil, la lune et les autres astres sont des dieux, puisque en eux prédomine l’élément chaud, qui est principe de vie. La lune tire sa lumière du soleil. Les hommes sont proches des dieux, puisqu’ils ont part à l’élément chaud, et c’est pourquoi les dieux s'intéressent à eux. Tout est soumis au destin, qui est le principe ordonnant l’univers. Les rayons du soleil traversent l’air et l’eau jusque dans les profondeurs de la terre et ils y créent la vie. Tout être qui participe à la chaleur est vivant, c’est pourquoi les plantes aussi sont vivantes. Cependant certains êtres n’ont pas d'âme.

Mnémosyme donnait aux âmes l'oubli de la vie passée

L’âme diffère de la vie. Parcelle d’un élément immortel, elle est en soi immortelle. Les animaux s’engendrent grâce au sperme qui est une goutte de cervelle contenant une vapeur chaude. Dans la matrice, cette goutte fournit la lymphe, l’humeur et le sang, d’où naissent les nerfs, les chairs, les os, les cheveux et tout le corps. La vapeur chaude produit l’âme et la sensation. Ce sperme forme un foetus en quarante jours et, selon les lois de l’harmonie, en sept à dix mois, l’enfant est achevé. Il a en lui toutes les raisons de vie auxquelles il est lié selon les lois de l’harmonie. Pythagore divise l’âme humaine en trois parties : la représentation, le principe vital, et l’esprit. Les animaux ont la représentation et le principe vital, seul l’homme a l’esprit. L’âme étend son principe du coeur au cerveau. La partie résidant dans le coeur est le principe vital, l’esprit et la représentation siègent dans le cerveau. La partie intelligente de l’âme est immortelle, le reste est périssable. L’âme se nourrit du sang, les paroles sont des souffles de l’âme. Les liens de l’âme sont les veines, les poumons et les nerfs. Hermès est l’intendant des âmes des défunts. Il conduit les âmes pures vers le plus haut des cieux, et les sépare des impures que les Furies enchaînent par des liens indissolubles. L’air est  rempli d’âmes que l’on appelle démons et héros qui envoient aux hommes les songes et les signes de la maladie et de la santé, de même aux animaux. C’est pour s'en préserver qu’existent les purifications religieuses et les expiations. C’est l’âme qui a le plus de pouvoir dans l'homme, en bien ou en mal. Les hommes sont heureux quand ils ont une bonne âme, ils ne sont jamais en repos, et leur vie est un perpétuel changement. La justice et la vertu sont des harmonies, comme la santé, le bien total et la divinité. Il faut adorer les dieux avec des paroles de respect, dans un vêtement blanc et avec un corps pur. La pureté s’obtient par le moyen des purifications, des ablutions, des aspersions, du fait de n’avoir pas eu de contact avec un mort, avec une femme, ou avec toute autre souillure, et de s’abstenir des viandes d’animaux morts, de rougets, de mulets de mer, d’oeufs, d’oiseaux nés d’oeufs, de fèves et de tout ce qu'interdisent ceux qui ont la charge de célébrer les rites.



Organic Cosmos

Comme les adeptes d'Orphée, Pythagore interdisait d’offrir aux dieux des victimes sanglantes, et disait qu’on ne devait faire ses dévotions qu’à un autel sur lequel le sang ne coulait point. Il ne voulait pas que l’on prît les dieux à témoin par serment, disant que l’on devait s’efforcer d’être par soi-même digne de foi. Il fallait honorer les vieillards, car ce qui vient dans le temps est plus digne d’honneur que le reste, comme, dans le monde, le lever est plus important que le coucher ; dans le temps, le début que la fin ; et dans la vie, la naissance que la mort. De même il fallait estimer davantage les dieux que les demi-dieux, les demi-dieux que les hommes, et chez les hommes, les parents plus que les autres. Il fallait être sociable, de façon à ne pas faire de ses amis des ennemis et à se faire un ami d’un ennemi. Il ne fallait rien croire à soi seul. Il fallait venir en aide à la loi et lutter contre l’illégalité. Il ne fallait faire de mal ni à un arbre qui n’en fait point, ni à un animal qui ne nuit pas. La pudeur et la piété consistent à ne pas rire avec excès et à ne pas être sévère à l’excès. Il faut éviter d’être trop gras, ne pas voyager trop ni trop peu, exercer sa mémoire, ne rien dire ni faire par colère, il ne faut pas respecter toutes les sortes de divination. Quant à la vie après la mort, on a vu que l'orphisme défendait une forme de palingénésie (retour systématique à une forme quelconque de vie). Le pythagorisme croit plus précisément en la transmigration des âmes, c'est-à-dire à la métempsycose d'une âme individuelle, ce qui est différent. La théorie du corps-tombeau, qui dit que le corps (sôma) est un tombeau (sêma) pour l'âme n'est pas orphique, mais pythagoricienne.

"La sagesse et la philosophie, disait Pythagore, sont deux choses fort différentes. La sagesse est la science réelle, la connaissance des choses immortelles, éternelles, efficientes par elles-mêmes. Les êtres qui font que participer de celles-ci ne sont appelés êtres qu'en corollaire de cette participation, Ils sont matériels, corporels, sujets à génération et à corruption. Ils ne sont pas formellement des êtres, ne pouvant être ni bien connus, ni bien définis, parce qu'ils sont momentanés dans leurs états et inachevés. Il n'y a point de sagesse relative à eux. La science des êtres réels entraîne nécessairement la science des êtres équivoques. Celui qui travaille à acquérir la première, s'appellera philosophe".

"Le philosophe, disait-il encore, n'est pas un sage, mais un ami de la sagesse. La Philosophie s'occupe de la connaissance de tous les êtres dont les uns s'observent toujours et partout, et les autres moins souvent et certains seulement en des cas particuliers. Les premiers sont l'objet de la science générale, la philosophie première, les seconds sont l'objet des sciences particulières. Celui qui sait résoudre tous les êtres en un seul et même principe, et tirer de ce seul et unique principe tout ce qui est, est le seul Sage véritable. L'objectif de la philosophie est d'élever l'âme de la terre vers le ciel, pour connaître Dieu, et lui ressembler. On parvient à cette fin par la vérité, l'étude des êtres éternels et immuables. Il faut cependant que l'âme soit libérée et purifiée, qu'elle s'amende, qu'elle aspire aux choses utiles et divines et que la jouissance lui en soit accordée, qu'elle ne craigne pas la dissolution du corps, que l'éclat des incorporels ne l'éblouisse pas, qu'elle n'en détourne pas sa vue, qu'elle ne se laisse pas enchaîner par les liens des passions, qu'elle lutte contre tout ce qui tend à  la ramener vers les choses corruptibles, et qu'elle soit infatigable et immuable dans sa lutte. On n'obtiendra ce degré de perfection que par la mort philosophique, la cessation de la relation de l'âme avec le corps, ce qui suppose que l'on se connaît soi-même, que l'on est convaincu que l'esprit est emprisonné dans une demeure qui lui est étrangère, que sa prison et lui sont des êtres très distincts, qu'il est d'une nature tout à fait différente, que l'on s'exerce à se recueillir, ou à séparer son âme de son corps, à l'affranchir de ses affections et de ses sensations, à  l'élever au-dessus de la douleur, de la colère, de la crainte, de la cupidité, des besoins, des appétits, et à l'accoutumer tellement aux choses analogues à sa nature, que l'âme agisse ainsi séparément du corps, l'âme étant toute à  son objet, et le corps agissant d'un mouvement automatique et mécanique sans la participation de l'âme, l'âme ne consentant ni ne se refusant à aucun de ses impulsions vers les choses qui lui sont propres. Cette mort philosophique n'est pas une chimère. Les hommes habitués à une forte contemplation l'éprouvent pendant des intervalles assez longs. Alors ils ne sentent plus l'existence de leur corps et peuvent être blessés sans s'en apercevoir. Ils ont profondément oublié leur corps et tout ce qui l'environnait et l'aurait affecté dans une autre situation. L'âme libérée par cet exercice habituel existera en elle même. Elle s'élèvera vers Dieu, elle sera toute à la contemplation des choses éternelles et divines".

  

 

L'école d'Athènes
 

Lien vers les Vers d’Or de Pythagore

Pythagore, les Sciences et les Arts

 


 

Pythagore a influencé toutes les époques et toutes les cultures d'Occident et d'Orient, toutes les disciplines : mathématiques, musique, philosophie, astronomie, et bien d'autres choses. Nous donnerons ici un simple aperçu de ses découvertes en musique et en géométrie.

La musique

Pythagore relia le nombre à la musique en observant que deux sons joués ensemble, simultanément ou l’un après l’autre, donnent une impression harmonieuse. Il étudia les formes de leur production et établit la musique et le nombre étaient intimement liés et que les lois de l’harmonie de l’un se reflétaient dans l’autre. Il aurait découvert les sons harmoniques en entendant des forgerons frapper une enclume avec des marteaux de poids différents, mais cela doit être légendaire car, à ma connaissance, à la forge c'est l'enclume qui sonne, non pas les marteaux. Il poursuivit ses recherches avec un monocorde, un instrument qui permettait de mesurer les rapports entre les longueurs des cordes tendues qui produisaient les sons.

Une gravure de Graffurius en 1482 montre Pythagore étudiant sa gamme harmonique de diverses façons Pythagore étendit au Cosmos entier (la musique des sphères)  les propriétés du monocorde inventé pour étudier sa gamme

La gamme harmonique de Pythagore

Pythagore découvrit le rapport des sons de "la série harmonique", puis il calcula à l'aide d'instruments à cordes le rapport qui existe entre les fréquences vibratoire et la fréquence des sons.
L'arithmétique
La table de multiplication de 1 à 10 encore enseignée dans les écoles aujourd'hui
La géométrie
Le théorème de Pythagore
Le théorème de Pythagore était connu par les chinois et les babyloniens 1000 ans avant Pythagore. La Columbia Institut conserve la tablette d'argile correspondante avec ses signes cunéiformes (
Plimpton 322)
La somme des carrés des cotés égale le carré de l'hypothénuse la tablette d'argile babylonienne  Plimpton 322
Les applications du théorème de Pythagore
La corde à 13 noeuds équidistants permet de construire un triangle rectangle d'une quelconque dimension
Arbres de Pythagore bâti sur son théorème
Le lemniscate bâti sur les hypoténuses de triangles Escargot de Pythagore bâti sur le lemniscate
La découverte des nombres irrationnels ruina la belle théorie cosmogonique de Pythagore.
Les adeptes chassèrent son découvreur de la fraternité et même, semble-t-il, le mirent ensuite à mort.
Les symboles utilisés par les Pythagoriciens
Le Pentacle Le pentagramme gnostique Le pentagramme des élémentaux
La tétraktys Le problème de la duplication du carré
Le symbole de la tétraktys = 10 points ordonnés en un triangle équilatéral,un point central entouré de 9 points,chaque base du triangle composée de 4 points, quatre rangées des 4 premiers nombres successifs dont la somme vaut 10


 

Les Pythagoriciens et nous

 


 

Les Pythagoriciens, dans l'acception courante, sont les philosophes qui se réclament de ce que l'on attribue à Pythagore, sachant bien qu'on sait fort peu de choses sur sa pensée propre. On lui prête certainement beaucoup de concepts qui lui sont étrangers,antérieurs ou postérieurs. Les philosophes présocratiques formaient des sectes assez fermées plus ou moins mystiques, d'autant plus pour les Pythagoriciens chez qui l'aspect mystico religieux était essentiel. On distingue plusieurs familles selon leurs époques : Les Pythagoriciens présocratiques, successeurs du maître. Ils sont caractérisés par des préoccupations autant mystiques et religieuses que scientifiques. Ils se singularisaient aussi par leurs réflexions mathématiques. On distingue trois groupes selon l'ancienneté, les plus anciens, puis les Pythagoriciens moyens, enfin les très nombreux Pythagoriciens récents, souvent cités par Platon. Les Néo-Pythagoriciens qui leur ont succédé ont développé une vision plus mystique du Pythagorisme. Ce "Néo Pythagorisme" est un courant philosophique et ésotérique, commençant au 1er siècle avant JC à Rome et à Alexandrie (en Égypte hellénistique), divisé en plusieurs écoles, avec des éléments empruntés à Platon et Aristote. Ses chefs de file sont Jamblique, néoplatonicien romain, auteur de la "Collection des dogmes pythagoriciens" à l’origine de notre connaissance actuelle des travaux de  Pythagore, ainsi que Porphyre, Hiérocles et Plutarque, l'auteur d’une "Histoire des philosophes" importante contribution à notre connaissance de la philosophie grecque. Le Néo-pythagorisme avec à sa suite le Néoplatonisme furent redécouverts ensuite au Moyen Age et à la "Renaissance" (qui en tire d’ailleurs son nom puisque ce sont ses concepts qui renaissent alors), surtout grâce aux écrits arabes traduits du grec en arabe dans les bibliothèques d’orient puis repris de l’arabe au latin par des savants arabes comme Avicenne, Averroès à Cordoue et le juif Maïmonide, en Andalousie,  De très nombreux documents ont malheureusement été détruits ou perdus dans des incendies accidentels ou criminels comme la grande bibliothèque d’Alexandrie, par des guerres ou par les obscurantismes copte et islamique suivis par l'action de l’Inquisition.

Le cycle pythagoricien de la réincarnation

Le mythe dionysiaque disait que les Titans firent bouillir la chair du dieu assassiné avant de la mettre en broche, ce qui renversait la logique du sacrifice rituel traditionnel signifiant par là qu'ils niaient le courant de la civilisation en la remontant, passant du bouilli, forme avancée de la cuisson, au rôti, bien plus proche du cru primitif. C'est d'ailleurs cette inversion volontaire du rituel qui irrita Zeus plus encore que le meurtre lui même. C'est sans doute dans l'orphisme qu'il faut rechercher l'origine du mythe du sacrifice sanglant et l'anthropophagie potentielle qu'il implique, plus particulièrement encore dans l'éventualité de la métempsycose. Il s'agissait bien de se prévenir de toute alimentation carnée puisqu'elle impliquait un préalable sacrificiel. Mais dans la Grèce antique, la mise en cause du sacrifice sanglant rituel et de la consommation communautaire de la viande sacrificielle ébranlait les fondations civiles de la polis. C'est très évident lorsque l'on prend en compte la rôle éminent du sacrifice traditionnel qui voulait attirer la bienveillance des dieux tutélaires et garantir la sécurité de la cité. Le rituel était extrêmement codifié. Il commençait par la sacralisation de l'offrande marquée par "l'immolation" de l'animal, (son blanchiment avec une bouillie de farine "mola" et d'eau). Dès lors, dévolue et ainsi sacrée, la victime ne pouvait plus être touchée que par le sacrificateur patenté qui la mettait à mort et prélevait la part des dieux, (le sang et la fressure, coeur, poumons et rate). Et ce n'est qu'après la consumation complète de cette part sur l'autel que la chair restante était profanée par un prêtre puis débitée et partagée entre les assistants. Tout cela prenait un temps bien plus considérable que la simple offrande de grains ou de fruits pratiquée par les pythagoriciens ou les orphistes Leurs principes comportaient d'autres obligations, mais le principal défi à l'ordre de la Cité demeurait donc le végétarisme, ce qui les faisait qualifier d'asociaux. Ce préjugé semble parfois persister dans la société actuelle.

Sacrifice d'un boeuf à Athéna

La communauté pythagoricienne était une confrérie, une fraternité philosophique, religieuse et scientifique, voisine de l'orphisme. Elle comprenait  plusieurs degrés initiatiques et hiérarchiques, comme beaucoup ordres initiatiques actuels. Les femmes et les étrangers pouvaient y être admis mais rien ne devait être révélé aux profanes, "les gens du dehors". Au premier degré initiatique, on trouvait les postulants, choisis arbitrairement par la hiérarchie. Le second degré est formé par les néophytes qui subissaient une période de probation de trois années et devaient faire preuve de persévérance, et du désir d'apprendre. Lorsqu'ils étaient acceptés, ils prononçaient un serment de silence. au troisième degré, les auditeurs recevaient un enseignement oral de cinq ans qui devait être mémorisé. Les auditeurs se tenaient silencieusement devant le rideau dissimulant Pythagore. Ils devaient mettre leurs biens en commun. ces trois premiers grades, postulants, néophytes et auditeurs formaient le groupe inférieur des "exotériques", les novices. Les "mathématiciens" formaient le quatrième et dernier degré. Ils devenaient des ésotériques, accédant à la connaissance intérieure et cachée. Ils pouvaient voir Pythagore derrière le rideau. Leur formation utilisait des symboles avec démonstration. Ils auraient été spécialisés dans plusieurs fonctions, les "vénérables", s'occupant de religion, les "politiques", qui s'intéressaient aux lois et aux affaires humaines, tant dans la communauté que dans la cité, les "contemplatifs" qui étudiaient l'arithmétique, la musique, la géométrie ou l'astronomie, et les "physiciens" ou naturalistes, appliqués aux sciences plus concrètes, la géographie, la médecine, la mécanique, la grammaire ou la poésie. Outre le végétarisme, d'autres obligations et rites s'imposaient dans la fraternité, sacrifices non sanglants et sans feu, culte du naturel, farine, miel, fruits, fleurs et autres produits de la terre, purifications, ablutions et aspersions et onctions lustrales, respect de soi-même, examen de conscience quotidiens, continence sexuelle, "exercices de mémoire", "chants et musique", lecture partagée, gymnastique, athlétisme, promenade collective, danse, port de vêtements de lin blanc, utilisation de  signes de reconnaissance (le pentagramme)et de symboles (la tétraktys).

Pythagore prônant le végétarisme (Rubens)

Pythagore conceptualisa l’idée qu’il existe une harmonie universelle et une mathématique sacrée à l’œuvre dans l’univers. Il donna ainsi les fondements de la pensée ésotérique. Avec la révélation écrite de sa pensée par les Néoplatoniciens, l'ésotérisme naît en Occident, vers le 3ème siècle après JC, dans la Gnose et l’Hermétisme. Les Gnostiques disent que l’existence terrestre résulte d’une chute originelle, et que seule la connaissance initiatique, la Gnose, (du grec gnôsis), permet de prendre conscience de la nature divine présente en l'homme. L'Hermétisme affirme que « Tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut », et donc qu’il existe des analogies entre la partie et le tout, entre le microcosme et le macrocosme. L’ésotérisme se manifeste par vagues successives. La Gnose et l’Hermétisme sont redécouvertes à la Renaissance, à Florence, à travers des textes antiques tels "Poïmandrès" dans le Corpus Hermeticum, du légendaire Hermès Trismégiste, (C'étaitt en fait une oeuvre collective de la fin de l’Antiquité). Au siècle dit des Lumières, l’ésotérisme n'est plus qu’un contre courant face à la pensée scientifique et à la philosophie rationalisante dominantes. L’imaginaire et la pensée symbolique n’ont alors plus de place. L’homme occidental s’arrache à la Nature qui n'est plus qu'un monde d’objets observables. L'ésotérisme irrationnel est pourtant rapidement de retour avec "l’illuminisme" fondé par le savant suédois Emmanuel Swedenborg, puis le "magnétisme" de Franz Mesmer. Des sociétés secrètes initiatiques préexistantes réapparaissent au grand jour. La Rose-Croix est l’une des premières. Un texte apparu en 1614 dans le royaume de Habsbourg révélait l’existence d’une fraternité d’adeptes, chargée de transmettre les enseignements du chevalier Christian Rosenkreutz. Le mythe rose-croix serait inspiré par celui des Templiers. La Franc-maçonnerie provient directement des Rose-Croix. Au Moyen Âge, les maçons bâtisseurs de cathédrales détenaient la connaissance des symboles, et celle de la dimension ésotérique du christianisme. Quand on n'en construisit plus, les connaissances ésotériques se perdirent et on en organisa la transmission dans des cercles d’initiés. Le "Romantisme" relança ensuite et momentanément l'ésotérisme. Celui du milieu du 19ème recueillait tous les ésotérismes antérieurs, de l’Antiquité aux romantiques, mais s'en démarquait en acceptant le progrès et en tentant d'unir la religion et la science dans un savoir unique.

Célébration Néoplatonicienne  à la cour de Laurent de Médicis,
Luigi Mussini - Huile sur bois, Monastère royal de Brou

Cet ésotérisme nouveau prit plusieurs visages comme celui de "l’occultisme" d'Eliphas Levi ou "le spiritisme" des sœurs Fox qui prétendaient être en contact avec les morts. Le médium français Allan Kardec réintroduisit l’idée de la réincarnation et dans la seconde moitié du 19ème siècle, de grand esprits comme Victor Hugo, Claude Debussy , Verlaine ou Oscar Wilde, faisaient tourner les tables. Papus fonda le Martinisme, et Péladan et de Gaïta, l'ordre Kabbalistique de la Rose Croix qui eut grand succès. En 1875, la comtesse russe Helena Blavatsky fonda avec le colonel Olcott, la Société Théosophique. Elle prétendait tenir ses enseignements de maîtres spirituels rencontrés au Tibet (où elle n'alla jamais). Le théosophe Rudolf Steiner créa en 1912 son propre mouvement, l’Anthroposophie. Là, le monde et l’homme se répondent à travers un jeu de correspondances subtiles. Steiner donna des applications pratiques à sa pensée, dans la médecine, l’économie, l’éducation, etc.. Les sociétés ésotériques sortirent fort affaiblies des grandes guerres mondiales. Les élites avaient été dévorées par le matérialisme, et tous les mouvements de spiritualité avaient été brisés. Cependant, la Rose-Croix d'Or réapparaît à Haarlem, aux Pays Bas. Vers 1960 une tentative de ré-enchantement du monde renaît avec la vague New Age qui voudrait unir la psychologie occidentale à la spiritualité orientale en reliant l’homme au cosmos. Comme les ésotérismes qui le précèdent, cette nouvelle religiosité est plus tournée vers l’avenir que vers le passé. Elle annonce l’entrée dans l'Âge du Verseau, signe qui symboliserait l’avènement d’une religion universelle humaniste. Grâce aux puissants mass médias, le New Age diffuse les idées de l’ésotérisme dans la société globale, bien au-delà des cercles d’initiés. On peut y voir le retour (ou la permanence) de l’ésotérisme dans nos sociétés modernes comme le signe d'un besoin de magie et d’irrationnel. On peut aussi y trouver une tentative de rééquilibrage chez l’homme occidental moderne entre ses fonctions imaginatives et rationnelles, les polarités logiques et intuitives de son cerveau. Ne faudrait-il pas admettre, comme le rappelle Edgar Morin, que pour vivre une vie pleinement humaine, l’être humain a autant besoin de raison que d’amour et d’émotion, de connaissance scientifique que de mythes, besoin d'une existence plus poétique, ou ressent-il ici la marque d'un mystérieux appel.

Ce dernier article s'inspire partiellement et librement d'un interview de Frédéric Lenoir
 qu'on peut intégralement consulter ici
 

 

 


Mythologie grecque

 

 

Orphée, le romantique poète mythique et Pythagore, le savant philosophe historique  ont profondément marqué la culture et les sciences de notre époque. C'est ce que je vous propose de parcourir maintenant après avoir vu ce qu'il en était dans l'antiquité dont ils ont émergé avec les messages qu'ils ont pu nous transmettre.   

L'influence du mythe d'Orphée dans les arts et les lettres

Carte Postale "La lyre d'orphée"  par Jean Cocteau

La liste suivante est essentiellement reprise du site de Wikipedia où se trouvent tous les liens utiles

Opéras et ballets Musique

L'Orfeo (1607), opéra de Claudio Monteverdi

Orfeo (1647), opéra de Luigi Rossi

Orfeo ed Euridice (1762),opéra de Christoph Willibald Gluck

Orphée et Eurydice (1774), opéra de Christoph Willibald Gluck

Orphée aux Enfers (1858-1874), opéra-bouffe d'Offenbach

Les Malheurs d'Orphée (1924), opéra de Darius Milhaud

Orpheus (1947), ballet d'Igor Stravinski

Orpheus und Eurydike - Orphée et Eurydice (1975), chorégraphie de Pina Bausch d'après l'opéra de Gluck

Orphée (1993), opéra de chambre de Philip Glass

Orphée (2010), ballet de José Montalvo et Dominique Hervieu

Orphée 53 (1953) opéra de Pierre Schaeffer et Pierre Henry

Orphée (vers 1720), cantate française de Jean-Philippe Rameau

The Orphée Suite pour piano (1993) de Philip Glass

Orphée Nonante Huit (1996) de Hubert Felix Thiéfaine

Black Orpheus (2000), album de Keziah Jones

Abattoir Blues/The Lyre of Orpheus (2004) de Nick Cave and the Bad Seeds

Eru no Ehon Majô to Lafrenze (2005) de Sound Horizon

La diskord (2011) de Karim Maurice

It's Never Over (Oh Orpheus) (2013) de Arcade Fire

 

 

Théâtre

Cinéma

La Toison d'or (1660) de Pierre Corneille

Eurydice (1942) de Jean Anouilh

La Descente d'Orphée (1957), pièce de de Tennessee Williams

Orfeu da Conceição (1956), pièce de Vinícius de Moraes

Le visage d'Orphée (1997), pièce de Olivier Py

Orphée (2003), pièce de Bernard Manciet

Orphée-roi de Victor Segalen livret d'opéra en 5 actes destiné à Debussy qui ne le mettra pas en musique.

Orphée (1950) et le Testament d'Orphée (1959), films de Jean Cocteau

Orfeu Negro (1959), film de Marcel Camus basé sur la pièce de Vinícius de Moraes

Orphée et Eurydice (1985), film hongrois d'Istvan Gaal

Parking (1985), film musical français de Jacques Demy

Orfeu (1999), film musical brésilien de Carlos Diegues

Tristesse beau visage (2004), court métrage de Jean-Paul Civeyrac

Vous n'avez encore rien vu (2012), film d'Alain Resnais adapté de la pièce d'Anouilh

Poésie

Peinture

Tristan L’Hermite, Orphée dans La Lyre du sieur Tristan (1641)

Victor Hugo, Les Mages dans Les Contemplations, Orphée dans La Légende des siècles

Gérard de Nerval fait référence à Orphée dans El Desdichado

Sonnets à Orphée de Rainer Maria Rilke

Guillaume Apollinaire, Le Bestiaire ou Cortège d'Orphée

Marguerite Yourcenar, La Nouvelle Eurydice

Tombeau d'Orphée et les Hymnes orphiques de Pierre Emmanuel

Orphée dans l'Album de vers anciens de Paul Valéry

Orphée noir de Jean-Paul Sartre, préface du recueil L'Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française de Léopold-Sédar Senghor

Domenico Frilli Croci, Orphée, XVIIe siècle, musée de Chambéry

Nicolas Poussin, Orphée et Eurydice, XVIIe siècle, musée du Louvre

Jean II Restout, Orphée descendu aux enfers pour demander Eurydice ou la musique, fin XVIIIe siècle, musée du Louvre

Ary Scheffer, La Mort d'Eurydice, 1814, musée de de Blois

Jean-Baptiste Corot, Orphée ramenant Eurydice des Enfers, 1861, musée des beaux-arts de Houston

Gustave Moreau, Orphée, 1865, musée d'Orsay.

Émile Levy, Mort d'Orphée, 1866, musée d'Orsay.

Alexandre Séon, Lamentation d'Orphée, 1896, musée d'Orsay

Machard Jules 1839 - 1900 Orphée aux Enfers.Huile sur toile. Grand prix de Rome de peinture d'histoire, 1865.

Melchior Lechter (de), Orpheus, 1896, musée régional d’art et d’histoire de l’art, Münster, Allemagne.

Cubisme orphique de Robert Delaunay et Sonia Delaunay

Félix Vallotton, Orphée dépecé par les Ménades, 1914, huile sur toile, Musée d'Art et d'Histoire, Genève

 

Parmi toutes ces oeuvres nous avons choisi
de vous en présenter quelques unes

 La légende d'Orphée  au cinéma et au concert

 


 

Orphée (1950) avec Jean Marais, et le Testament d'Orphée (1959), films de Jean Cocteau avec Jean Marais
Orphée (1950) (Bande annonce) Le Testament d'Orphée (1959)
Orphée traverse le miroir

La traversée de la tombe

Orphéu negro (1959) film d'Albert Camus

 

Orpheu Negro - Canzone di Orfeo

Orpheu Negro - Finale - the Sunrise

La plainte d'Orphée en musique
La plainte d'Orphée à la trompette
 (Romain Leleu, bugle, Julien Le Pape,piano )

Mélodie au piano

("Melody" from Orfeo - Paul Barton au grand piano)

La chanson d'Orphée.(Orpheu negro)
par Dalida en live

Gluck melody au violoncelle

  par Isabel Won

La Chanson D'orphée
par Lê Toàn
Manhã de Carnaval (live in São Paulo)
par l'orchestre André Rieu

 Orphée et Eurydice à l'Opéra.

 


 

Opéra de Gluck - Orphée et Eurydice

L'œuvre originale fut créée fut créée le 5 octobre 1762  au Burgtheater de Vienne devant l'impératrice Marie-Thérèse. C'est le trentième et le plus célèbre des opéras de Gluck. Le rôle d'Orphée était tenu par le castrat Gaetano Guadagni, ce qui explique que le rôle soit souvent chanté par des femmes.

Il existe plusieurs versions :

- la version originelle viennoise, en italien, où le rôle masculin est confié à un contralto castrat ;
- la version de Parme, en italien, réorganisée en un seul acte de ballet, où le rôle fut transposé par Gluck lui-même pour le soprano castrat ITALIEN, Vito Giuseppe Millico ;
- la version de Paris, en français, modifiée et élargie encore par Gluck où le rôle est chanté par une haute-contre (u
n ténor qui utilise sa voix de tête pour certains aigus).
- la version arrangée par Berlioz au XIXe siècle, où le rôle-titre est confié à une mezzo-soprano,
un type de chaude voix féminine située entre le soprano et l'alto.

L'argument Le livret en français
J'ai choisi de vous faire entendre le très célèbre chant "J'ai perdu mon Eurydice" en trois versions dans des tessitures différentes dont celle plus actuelle de plusieurs ténors

La chorégraphie de version ballet de l'Opéra de Paris est l'oeuvre de la chorégraphe allemande Pina Bausch. Je vous en présente quelques extraits

(par Robert Alagna) (par Maria Callas)

(par Luciano Pavarotti)

Voici d'autres aspects de l'oeuvre
(Orphée parmi les spectres) (Orphée et Eurydice - Le Ballet) (Triomphe Final)
La chorégraphie du ballet de Pina Bausch
Ouverture Violence des furies Danse des Esprits bénis

 

La légende d'Orphée dans la peinture moderne



 
L'école du cubisme orphique

Le terme d'Orphisme a été proposé par Guillaume Apollinaire, en 1912, cinq ans après Les Demoiselles d'Avignon pour caractériser cette peinture d'avant-garde. En peinture, l'Orphisme, a trois caractéristiques : il utilise des éléments visuels non figuratifs qui sont « entièrement créés par l'artiste » ; ses œuvres n'en sont pas moins construites et n'en ont pas moins une signification qui est leur vrai « sujet » ; enfin, c'est un art de la lumière créée par la couleur. Apollinaire cite cinq peintres orphiques  : Picasso, Léger, Picabia, Duchamp,et surtout les Delaunay, chez qui il résidait alors. La référence au mythe d'Orphée veut signaler des analogies avec la musique qui serait l'art moderne par excellence car c'est un art parfaitement abstrait qui n'a aucune fonction représentative. Le terme aurait été suggéré à Apollinaire par Gabrielle Buffet, une jeune musicienne. La tendance est révélée au public au Salon des Indépendants de 1913.

 Chez Pablo Picasso ou Fernand Léger, la forme colorée déstructurée garde un sens

Picasso - Les demoiselles d'Avignon

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Fernand léger - The butcher shop
Chez Robert  et Sonia Delaunay (deux cubistes orphisques) la forme n'a plus de signification
Il ne reste que la lumière
Et la couleur

Sonia Delaunay - peinture

A la manière de Sonia Delaunay

Et chez d'autres artistes de le même école du cubisme orphique

Frantisek Kupka - Twisted black lines

Udnie de Francis Picabia

Orphée inspira aussi cette magnifique tapisserie des Gobelins (1950)

Donald Pythagoricien
(video)

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La fantasmagorie sensorielle La traversée du miroir noir Poussières d'étoiles De boue, de sang, de peur, de désir Les eaux du fleuve
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Les rayons ardents du Soleil Le phare ruiné d'Alexandrie Des flambeaux dans la nuit Une soif inextinguible La conscience et la liberté
Cahier 11 Cahier 12 Cahier 13 Cahier 14 Cahier 15
Je refuse donc je suis Ombres et Lumières Les derviches tourneurs La Rose Croix L'Homme triple
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Le Cosmos est-il vivant ? La vie mystérieuse Le Bardo Thödol tibétain La Bhagavad Gītā Le Shintô japonais
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Le Tao Le mythe de l'Arche de Noé Zoroastre et les Pârsîs De la Gnose aux Cathares Le Cao Dai
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La Quête du Graal Le Vaudou Cosmos et Microcosme Le Jaïnisme Hermès Trismégiste
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La Divine Comédie Amour, Désir, et Théosophie Le Graal chez Richard Wagner La Foi des Cathares Les antiques religions à Mystères 
Cahier 36 Cahier 37 Cahier 38 Cahier 39 Cahier 40
Les Dieux Grecs La Religion des Romains L'Homme incréé La réincarnation selon Platon Plotin et le Néoplatonisme
Cahier 41 Cahier 42 Cahier 43 Cahier 44 Cahier 45 
De Giordano Bruno à l'Univers vivant Robert Fludd et la Rose+Croix Krisnamurti et l'inconcevable "Otherness" J.C. Jung - Du Livre rouge à la Fleur d'Or La Gnose et les Gnostiques
Cahier 46 Cahier 47 Cahier 48 Cahier 49 Cahier 50
L'Illusion de la Connaissance Orphistes et Pythagoriciens Contes  Persans et Soufi  La Kundalini et les Chakras

Bégards, Béguines et Turlupins

 

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