Accueil Livres Cahiers Florilège Galerie Carnet Auteur E-mail Copyright Plan du site Télé-chargements

 

Arts et Sciences, Hommes et Dieux

Jacques Henri PREVOST

 

 
Petit Manuel d’Humanité

CAHIER 39 - La réincarnation selon Platon.

MANUSCRIT
ORIGINAL


 N° 00035434
Tous droits
réservés
   
 

Table des Matières interactive.

Introduction.
Quelques mythes platoniciens choisis.
Les mythes platoniciens de réincarnation.

Le mythe d'Er le Pamphylien.

Commentaires et Illustrations.
Moteur de recherche & Barre de navigation.

Les flèches vous ramènent ici, et le soleil au haut de la page,
 
Outil de recherche dans tout le site, avec des mots clés - Search in all the site, using key words
Moteur spécial de recherche interne  Google ---> 

La réincarnation selon Platon.

La déesse Athéna symbolisée par une chouette

Introduction

 

 

Selon Diogène Laërce, Platon serait né à Athènes, (ou peut-être à Égine), le sept mai de la quatre-vingt-huitième olympiade, ce qui dans le calendrier grec, place sa naissance dans les années ~428 ou ~427 avant notre ère. Il serait mort, au cours d'un banquet de noces, à l'âge de quatre-vingt-un ans. On sait peu de choses de cet énigmatique Diogène Laërce qui décrivit avec minutie la vie et les doctrines des philosophes antiques, et l'on pense qu'il vécut au début du 3e siècle. Laërce nous dit que le vrai nom de Platon était Aristoclès comme celui de son grand père. Il était le fils d'Ariston et de Périctioné, issus de deux illustres familles athéniennes, et il avait deux frères, Adimante et Glaucon, et une sœur, Potoné. Comme tous les jeunes Athéniens, Aristoclès pratiquait les trois disciplines obligatoires, lettres, musique et gymnastique. C'est son moniteur gymnaste, un lutteur argien, qui le surnomma Platôn (le large) pour une raison mal définie. À l'âge de vingt ans, il devint le disciple de Socrate, et après la mort du philosophe, il voyagea, allant même jusqu'en Égypte, mais les voyages ne lui étaient guère favorables. En Sicile, il fâcha le tyran Denys qui le fit vendre comme esclave. Racheté par ses amis, il revint vivre à Athènes et s'établit à l'Académie, (du grec "Akademeia", dans les jardins d’un riche citoyen nommé Akademos). C'était un beau et grand domaine garni d'arbres et de fontaines, près du bourg de Colone sur la route d'Athènes. Platon y donna son enseignement et il y eut de nombreux disciples dont Aristote qui le quitta et fut précepteur du prince Alexandre de Macédoine, celui-là même qui devait devenir le fameux conquérant. Contrairement à Socrate qui n'écrivait rien, Platon écrivait beaucoup. Il usait d'un mode fort populaire à l'époque, le dialogue imaginaire, et il exposait ses idées à travers des conversations d'interlocuteurs fictifs. Laërce lui attribue cinquante-six de ces dialogues. Platon interrompait parfois ces longs discours pour exposer différemment sa pensée en usant de mythes plus suggestifs que didactiques. On en compte au moins une quinzaine dans toute son œuvre. Certains permettent de percevoir comment le philosophe concevait la vie au delà de la mort, et ce sont ces mythes bien particuliers qui constituent la matière de cette étude.

  

Quelques mythes platoniciens choisis

 

 

Les mythes platoniciens les plus connus sont probablement ceux de l'Atlantide et de la Caverne. Platon évoque la légende de l'Atlantide dans les dialogues de Timée puis de Critias. D'antiques propos sont rapportés à Socrate, évoquant l'existence d'une île très grande et très puissante, au delà des colonnes d'Hercule, (détroit de Gibraltar), neuf mille ans auparavant. Son peuple voulait asservir les populations méditerranéennes, mais les Athéniens résistèrent et après de terribles cataclysmes, l'Atlantide fut submergée par la mer et disparut à jamais. Cette histoire, peut-être inspirée par l'explosion du Santorin, enflamma l'imagination de nombreux romanciers, et des aventuriers en cherchent encore aujourd'hui  les vestiges jusqu'au fond des mers. On trouve aussi, dans "la République", un dialogue entre Socrate et Glaucon, rapportant l'histoire dite, "allégorie de la caverne". Dans un lieu souterrain, des hommes sont enchaînés et ne voient que la lumière d'un feu lointain. Derrière eux est un muret au long duquel d'autres hommes portent des objets de toutes sortes qui dépassent ce mur. Certains porteurs parlent et d'autres se taisent. Les prisonniers ne connaissent de ces choses que les ombres projetées sur les murs, et ils n'entendent que les échos des sons. Que l’un d’eux soit libéré, il sera d’abord blessé par la lumière et souffrira des changements. En un premier temps, il ne percevra pas ce qu'on lui montre, puis il s’accoutumera et en verra la réalité. Prenant conscience de sa condition antérieure, il s'efforcera de retourner pour en informer ses semblables. Mais ceux-ci, incapables d’imaginer ce qui est arrivé, refuseront de le croire, le repousseront et le tueront peut-être.

L'allégorie de la caverne par Felixci

La caverne symbolise le monde dit "sensible" révélé aux hommes par leurs sens. Cette connaissance est illusoire mais que le philosophe qui veut le révéler rencontre généralement l'incompréhension ou l'hostilité. D'autres mythes touchent plus directement la condition humaine tel celui "de l'androgyne", qu'Aristophane aurait conté dans "Le Banquet". Aux temps jadis, la nature humaine était fort différente de l'actuelle, et comptait trois genres, le mâle, la femelle et l'androgyne qui tenait des deux. Les hommes avaient une forme sphérique, quatre mains, quatre jambes et deux visages, à l'opposé l'un de l'autre. Ils se déplaçaient en faisant la roue, et tentèrent d'escalader le ciel pour attaquer les dieux. Zeus décida alors de les couper par moitié, en retournant leurs visages et en tirant la peau sur la coupure avec un nœud sur le nombril. Depuis lors, chaque partie cherche éperdument sa moitié quelque soit son genre. Zeus transporta aussi sur le devant les organes de la génération afin que les hommes puissent se reproduire. Alors naquit l'amour des humains les uns pour les autres. Dans "Phèdre, un autre récit compare les âmes à des cochers menant des attelages de chevaux ailés. Chez les dieux, les cochers et les chevaux sont excellents et sans défauts mais chez les hommes les qualités sont toujours mêlées. Un cheval peut être bon et l'autre vicieux. Ainsi, tandis que les chars des dieux gravissent aisément les chemins du ciel, les chevaux rétifs tirent ceux des hommes vers le bas. C'est là le combat suprême des âmes pour l'immortalité car celles qui ont pu suivre le cortège des dieux et contempler les réalités véritables seront à jamais exemptes d'épreuves, mais celles-là qui ont failli devront se réincarner.

Le char du Soleil

Voyons maintenant un mythe tiré du "Protagoras" dans lequel ce philosophe évoque les travaux d'Épiméthée et de Prométhée lors de la création du Monde. Remarquons d'abord l'extraordinaire transformation que Platon fait subir au traditionnel récit d'Hésiode racontant le partage truqué du bœuf lors du banquet des hommes et des dieux. Ici, Prométhée ne trompe plus Zeus qui va même l'aider. Quand le temps fut venu de la naissance des races mortelles, dit Protagoras, les dieux les façonnèrent de terre et de feu et autres matières, et ordonnèrent aux deux titans jumeaux de leur attribuer les qualités convenables. Épiméthée obtint de procéder seul au partage et l'effectua selon sa fantaisie. Aux uns, il donna la force, aux autres la vitesse, ou les ailes, ou les habitats souterrains, ou la grande taille. Ils en revêtit certains de toisons ou de cuirs épais, ou de plumes, ou les chaussa de sabots ou de peau durcie. Il se préoccupa de leurs nourritures. Mais la sagesse d'Épiméthée était imparfaite et, quand l'Homme se présenta, plus rien n'était disponible. Prométhée fut donc appelé pour équiper l'Homme et assurer sa survie. Fort embarrassé, Prométhée se résolut à dérober le feu et les habiletés pratiques et artistiques d'Héphæstos et d'Athéna pour les donner à l'Homme. Seul parmi les animaux, ainsi pourvu d'un don divin, les hommes se mirent à honorer les dieux, à construire des temples et des habitations, à se vêtir et à parler. Mais vivant dispersés, ils étaient détruits par les animaux. Alors, Zeus inquiet envoya Hermès porter aux hommes la pudeur, la justice, et le sens politique, répartis en son nom de façon que chacun en ait sa juste part, afin que l'harmonie et l'amitié s'établissent dans les cités, sous peine de mort.

 


Prométhée dérobant le feu divin pour le donner aux hommes

Les mythes platoniciens de réincarnation

 

 

La théorie de la renaissance (ou réincarnation) remonte à l'Orphisme qui la considérait comme une connaissance secrète réservée aux initiés des religions à Mystères. Platon ne la présentait pas comme une hypothèse mythique, mais comme une conviction philosophique. Dans le dialogue de Phédon, il dit que chaque âme use plusieurs corps, surtout si sa vie dure de longues années. Pour le philosophe, cette conviction a pour conséquence logique la mémoire de ces expériences qu'il appelle réminiscence. Insistant sur cette idée, il fait dire à Socrate, dans le dialogue de "Menon", que l’âme de l’homme est immortelle, que tantôt elle s’échappe, ce qu’on appelle mourir, et tantôt reparaît, mais ne périt jamais, et que, pour cette raison, il faut mener une vie la plus sainte possible. Quand Perséphone, dit Socrate, a reçu des morts la rançon d’une ancienne faute, elle renvoie leurs âmes vers le soleil d’en haut, à la neuvième année. Et concernant la connaissance, puisque l’âme est immortelle et qu’elle a vécu plusieurs vies, elle a vu tout ce qui se passe tant ici que dans l’Hadès, et il n’est rien qu’elle n’ait appris. Comme tout se tient dans la nature et que l’âme a tout appris, rien d’empêche qu’en se rappelant une seule chose, (ce que les hommes appellent faussement apprendre), elle retrouve d’elle-même toutes les autres, pourvu qu’elle soit courageuse et ne se lasse point de chercher, car chercher c’est bien autre chose que se ressouvenir. "Et je ne  puis donc, dit Socrate, t'enseigner aucune chose puisque je soutiens qu'il n'y a pas d'enseignements mais seulement des réminiscences".

Illustration de la réminiscence par Dali - (l'Angelus de Millet)

Plus loin, Socrate insiste. Si l’âme est immortelle, il faut en prendre soin, non seulement pour le temps que nous appelons vivre, mais pour tout le temps à venir, et l'on s’expose à un terrible danger si on la néglige. Si la mort nous délivrait de tout, quelle aubaine pour les méchants d’être débarrassés à la fois de leur corps et de leur méchanceté. Mais pour l’âme immortelle, il n’y a d’autre moyen de se sauver que de devenir la meilleure et la plus sage possible. En quittant le corps, elle ne garde que l’instruction et l’éducation, qui sont ce qui sert ou nuit le plus au mort, quand il part pour l’autre monde. En effet après la mort, le génie que le sort a attaché à chaque homme le conduit en un lieu où les morts sont rassemblés pour qu'ils se rendent chez Hadès. Lorsqu’ils y ont reçu le sort qu’ils méritaient et qu’ils y sont restés le temps prescrit, un autre guide les ramène ici, après de longues périodes de temps. Mais la route de l'Hadès n’est ni simple, ni unique puisqu'on y a besoin de guides .Il y a beaucoup de bifurcations et de détours. L’âme réglée et sage suit son guide et n’ignore pas ce qui l’attend, mais celle qui est passionnément attachée au corps, reste longtemps éprise de ce corps et du monde visible. Ce n’est qu’après une longue résistance et beaucoup de souffrances, qu’elle est entraînée de force par le génie qui en est chargé. Rejoignant les autres, l’âme qui a fait le mal, ou commis des meurtres ou d’autres crimes, voit tout le monde se détourner d’elle et erre longtemps seule jusqu’à ce que la nécessité l’entraîne dans le séjour qui lui convient. Mais celle qui a vécu toute sa vie dans la pureté et la tempérance et qui a eu le bonheur d’être guidée par les dieux trouve tout de suite la résidence qui lui est réservée.

Hadès

Voici ce qu'énonce Socrate dans le "Georgias". Écoute donc ce que je crois être une vérité. Après l'avoir reçu des mains de leur père, Zeus, Poséidon et Hadès se partagèrent le Monde. La loi de Cronos était que le mortel qui avait mené une vie juste allât après sa mort dans les îles Fortunées, et qu'au contraire celui qui avait vécu dans l'injustice allât dans le lieu de punition appelé Tartare. Les hommes étaient alors jugés vivants par des juges vivants, qui fixaient leur sort juste avant leur mort. Hadès et les gouverneurs des îles Fortunées dirent à Zeus qu'on leur envoyait des hommes qui ne méritaient pas le sort assigné. Les jugements, dit Zeus, sont mauvais parce qu'on juge les hommes tout vêtus et lorsqu'ils sont en vie. Certains ont l'âme corrompue mais sont revêtus de beaux corps et de richesses et l'on atteste qu'ils ont bien vécu. Les juges eux mêmes, jugent vêtus, ayant devant leur âme leurs yeux, leurs oreilles et leur corps qui les enveloppe. Leurs vêtements et ceux des personnes qu'ils jugent sont autant d'obstacles. Prométhée ôtera aux hommes la prescience de leur dernière heure. Ils seront jugés après leur mort, dans une nudité entière de ce qui les environne. Le juge lui-même sera nu, mort, et examinera immédiatement, dans son âme, celle de chacun, aussitôt mort, et nu, afin que le jugement soit juste. J'établit donc pour juges trois de mes fils, deux d'Asie, Minos et Rhadamanthe, et un d'Europe, Eaque. Après leur mort, ils rendront les jugements là où aboutissent trois chemins, dont celui des îles Fortunées et celui du Tartare. Rhadamanthe jugera les hommes d'Asie, Eaque ceux d'Europe, et Minos décidera en dernier ressort dans les cas litigieux, afin que la sentence soit parfaitement équitable.

Les trois juges des Enfers, par Gustave Doré

Et Socrate poursuit. Il y a sous terre des fleuves intarissables qui roulent des eaux chaudes et froides, et des rivières de feu. Tous se jettent dans l’abîme du Tartare et en sortent à nouveau. Quand les morts arrivent à l’endroit où leur génie les amène, ils sont jugés. Ceux qui on tenu l’entre-deux dans leur conduite, se dirigent vers l’Achéron, s’embarquent dans des nacelles qui les  portent au marais Achérousiade. Ils y habitent un temps et s’y purifient. S’ils ont commis des injustices, ils en supportent la peine puis sont absous. S’ils ont fait de bonnes actions, ils en obtiennent la récompense, chacun suivant son mérite. Ceux qui sont jugés incurables à cause de l’énormité de leurs crimes sont précipités dans le Tartare d’où ils ne sortiront jamais.  Ceux qui ont commis des fautes grandes mais expiables, ont frappé leur père ou leur mère puis s'en sont repentis, ou ceux qui ont commis un meurtre dans des conditions similaires, ceux-là doivent aussi être précipités dans le Tartare, mais lorsque qu'ils y ont passé un an, le flot les rejette. Quand le courant les a ramenés au bord du marais Achérousiade, ils appellent à grands cris ceux qu’ils ont tués ou violentés, les supplient et les conjurent de les laisser aborder. S’ils les fléchissent, ils descendent et voient la fin de leurs maux, sinon, ils sont de nouveau emportés dans le Tartare et punis jusqu’à ce qu’ils aient fléchi ceux qu’ils ont maltraités. Enfin ceux qui qui sont reconnus pour la sainteté de leur vie sont exemptés de ces séjours souterrains. Délivrés de l'emprisonnement, ils montent habiter sur terre dans de pures demeures. Parmi eux, ceux qui se sont purifiés par la philosophie vivent à l’avenir absolument sans corps, dans des lieux encore plus beaux.

  

Les méchants sont précipités dans le Tartare

le volcan du Tartare

Commentaires.

Dans ses divers dialogues, Platon fait référence aux croyances grecques traditionnelles acceptées depuis Homère, lesquelles incluent un jugement posthume des âmes envoyant au gouffre du Tartare celles des méchants et conduisant aux "Champs Elyséens" ou "Îles Fortunées" celles des justes à commencer par celles des philosophes, qu'à son habitude, il place  au pinacle de la société humaine, même après la mort. IL inaugure ainsi la propension constante des philosophes de tous les temps, à une autoévaluation fort optimiste de leurs propres mérites,  attitude qui reste commune de nos jours comme en attestent les échos médiatiques quotidiens. Platon donc, dans sa proche approche d'une justice, impartiale en soi, s'émeut des excès manichéens de ces jugements radicaux, et entreprend d'amender le mythe en modulant les échelles des peines et des récompenses en juste proportion de la responsabilité personnelle effective des intéressés. Ces concepts seront ultérieurement repris par l'Église Catholique dans l'enseignement médiéval de l'existence d'un Purgatoire pour la purification des âmes pécheresses. Platon a repris l'ensemble de sa théorie à la fin du 10e livre de "La République", dans l'histoire d'Er le Pamphyllien, développée ci-dessous.
 

Le mythe d'Er le Pamphylien

 


 

Á la fin du 10e livre de "la République" qui est le récit fait par Socrate à un ou plusieurs interlocuteurs mal identifiés, d'une conversation qu'il a eue la veille au soir dans la maison de Céphale, au Pirée avec une bande de jeunes menés par Polémarque, le fils de Céphale, dans le cadre de la première fête organisée par Athènes en l'honneur de la déesse thrace Bendis. Dans la dernière partie de la discussion, l'interlocuteur de Socrate est l'un des frères de Platon, Glaucon, à qui Socrate  conte l'histoire mythique d'ER, un guerrier natif du Sud de la Turquie actuelle, qui fut tué au combat  et se retrouva en vie douze jours plus tard sur le bûcher funéraire élevé sur le champs de bataille. IL aurait été renvoyé parmi les vivants pour témoigner du destin de âme engagées dans le royaume d'Hadès pour y être jugées puis  engagés dans un processus de purification passant éventuellement par des épisodes de réincarnations voire de métempsychoses. Elles sont d'abord, raconte-t-il rassemblées par leurs génies personnels dans une vaste prairie où la mécanique des mondes leur est révélée et passent devant les Juges qui siègent entre deux vastes ouvertures qui mènent dans la terre surmontées de deux autres ouvrant vers le ciel. Les Juges marquent les âmes selon leurs œuvres et les envoient vers les portes qui conviennent et elles y pénètrent pour un temps donné de purification avant d'en ressortir plus tard, si bien que des flots continus d'âme entrent et sortent continuellement de ces ouvertures, revenant de ces parcours cycliques soit encore impures et sales après leur parcours terrestre, ou descendant purifiées du ciel, mais parfois la porte mugit et ne laisse pas sortir les plus méchants que des monstres de feu renvoient au gouffre du Tartare

Lorsque ER s'avance, il lui est dit d'écouter et d'observer ce qui se passe en ces lieux afin de le rapporter aux hommes. Les génies personnels mènent ensuite les âmes devant les trois Moires (ou Parques), ces déesses qui produisent le tissu du destin des vivants en filant le fil de leur vie. Un Hiérophante tire alors au sort l'ordre dans lequel les âmes seront appelées à choisir le modèle de leur prochaine vie, ce qui permet à Platon d'établir la liberté et le responsabilité personnelle de chacun  su la détermination de son destin en dégageant la volonté divine. Pour cela, de nombreux modèles de vies sont proposés et chacun est invité à choisir ce qui lui convient. Hélas, la plupart des âmes choisissent hâtivement et sans fondement philosophique ni sagesse, des vies faciles, pleines de plaisirs et de tentations, et même parfois des vies animales libérant des passions primitives. Tous ces choix, aussi fâcheux soient-ils, sont alors  définitivement entérinés par les Moires qui leur attribuent un nouveau Génie qui les accompagnera pour l'accomplissement du destin ainsi fixé. Et puis, par une chaleur torride, toutes les âmes sont conduites au bord du fleuve Amélès dont les eux amères donnent l'oubli tout à la fois des vies antérieures et des évènements liés au jugement actuel, mais on interdit à ER de boire de cette eau. Un tremblement de terre survient alors, et les âmes s'élancent soudain vers le monde supérieur où elles doivent renaître, tandis qu'ER rejoint son corps et se voit couché sur le bûcher. 

  

 

Litovchenko - Charon carries souls across the river Styx

 

 

Commentaires.


 

Platon enseignait qu'à l'origine, une divinité bienveillante suscita hors d'elle même, par le moyen de la nécessité, un chaos matériel qu'un démiurge (artisan mais non créateur) entreprit ensuite d'organiser en le transformant continuellement de l'actuel vers le meilleur, tirant ainsi le cosmos du chaos par les vertus de la géométrie, puis rendant ensuite cet univers vivant, à l'image de lui même, qui est "le vivant en soi" puis y formant le Monde et ses habitants par le moyen des quatre éléments, puis des des âmes dans les corps et l'intellect dans les âmes, car le vouloir absolu de Dieu est aussi qu'à l'image de lui même, "parfait en soi", toute chose soit a plus belle et la meilleure qui puisse être, et pour cela l'intellect est nécessaire. Dans ce dialogue entre Socrate et Timée, Platon enseignait également que la Terre est au centre de l'Univers, (théorie du géocentrisme) et qu'elle est entourée de douze sphères concentriques sur lesquelles circulent tous les astres qui sont les corps des dieux. Le disciple le plus connu de Platon fut Aristote (le Stagirite), né à Sragire en Macédoine en ~322 qui demeura son élève pendant vingt ans, puis prit une certaine distance avec le Maître, fondant à Athènes dans l'enceinte du Gymnase sa propre école, dite péripatéticienne (du grec péripatein = promener) car ce il enseignait tout en marchant. Située au Lykeion, colline des loups, établissement d'entraînement des athlètes, l'école d'Aristote a donné le mot lycée. Diogène Laerce dit qu'il se suicida à l'âge de soixante-dix ans, en buvant de la cigüe comme Socrate. L'œuvre d'Aristote fut considérable et s'étendit à l'ensemble des domaines de la connaissance. Il opposa à la méthode platonicienne du dialogue et au concept théorique du "monde des idées", un empirisme qui réhabilitait les données de l'expérience.  Aristote accepta certaines idées platoniciennes, comme celles de l’immortalité de l’âme et de la nature divine des corps célestes, mais il remit en cause certaines idées du maître. Pour lui le plus haut degré de réalité n’est pas ce qui apparaît par le raisonnement, mais ce qui est perçu par les sens. Il affirma que la raison est vide tant que les sens n'entrent pas en action, et il posa les lois du raisonnement, fondant la logique comme instrument de précision  fondamental du discours philosophique. Il reprit aussi, et très malencontreusement, la vision géocentrique de Platon, (la Terre est centre du Monde), idée ultérieurement érigée en "vérité révélée" ou dogme par St Thomas d'Aquin. Ce concept entrava le développement de la science, jusqu'au 17è siècle, causant par ailleurs de nombreuses et graves condamnations telles celles de G.Bruno, brûlé vif, ou de Galilée, enfermé à vie dans sa propre maison..  Aristote établit aussi une classification des êtres vivants, en partant du principe qu'ils ont tous une âme, mais de nature différente (âme nutritive, âme sensitive, âme appétitive et locomotrice). Seul l’homme a une âme rationnelle. Il édifia une échelle de la Nature, de complexité croissante de "l’âme", partant de la matière inanimée et s’élevant par degrés vers les plantes, les éponges, les méduses, les mollusques et ainsi de suite jusqu’au sommet où figurent les mammifères et l’homme. On voit que malgré l'intérêt suscité par ces grandes idées et le succès qu'elles ont rencontré, les certitudes excessives des philosophes et autres idéologues détenteurs autoproclamés de vérité peuvent avoir de grandes conséquences sur le fonctionnement des sociétés humaines, et qu'il convient donc de les accueillir avec suffisamment de recul et une prudence certaine.

Conception géocentrique du Monde au Moyen Âge

Illustrations.

Un guerrier grec Les trois MOIRES ou Parques
Vers le Tartare Le Léthè
L'Atlantide Les Îles fortunées ou(Champs Elyséens)
La Pamphyllie
La mort de Giodano Bruno

Petite barre de navigation


Navigation locale - Tous les cahiers
 

Cahier 1

Cahier 2 Cahier 3 Cahier 4 Cahier 5
La fantasmagorie sensorielle La traversée du miroir noir Poussières d'étoiles De boue, de sang, de peur, de désir Les eaux du fleuve
Cahier 6 Cahier 7 Cahier 8 Cahier 9 Cahier 10
Les rayons ardents du Soleil Le phare ruiné d'Alexandrie Des flambeaux dans la nuit Une soif inextinguible La conscience et la liberté
Cahier 11 Cahier 12 Cahier 13 Cahier 14 Cahier 15
Je refuse donc je suis Ombres et Lumières Les derviches tourneurs La Rose Croix L'Homme triple
Cahier 16 Cahier 17 Cahier 18 Cahier 19 Cahier 20
Le Cosmos est-il vivant ? La vie mystérieuse Le Bardo Thödol tibétain La Bhagavad Gītā Le Shintô japonais
Cahier 21 Cahier 22 Cahier 23 Cahier 24 Cahier 25
Le Tao Le mythe de l'Arche de Noé Zoroastre et les Pârsîs De la Gnose aux Cathares Le Cao Dai
Cahier 26 Cahier 27 Cahier 28 Cahier 29 Cahier 30
La Quête du Graal Le Vaudou Cosmos et Microcosme Le Jaïnisme Hermès Trismégiste
Cahier 31 Cahier 32 Cahier 33 Cahier 34 Cahier 35
La Divine Comédie Amour, Désir, et Théosophie Le Graal chez Richard Wagner La Foi des Cathares Les antiques religions à Mystères 
Cahier 36 Cahier 37 Cahier 38 Cahier 39 Cahier 40
Les Dieux Grecs La Religion des Romains L'Homme incréé La réincarnation selon Platon Plotin et le Néoplatonisme
Cahier 41 Cahier 42 Cahier 43 Cahier 44 Cahier 45 
De Giordano Bruno à l'Univers vivant Robert Fludd et la Rose+Croix Krisnamurti et l'inconcevable "Otherness" J.C. Jung - Du Livre rouge à la Fleur d'Or La Gnose et les Gnostiques
Cahier 46 Cahier 47 Cahier 48 Cahier 49 Cahier 50
L'Illusion de la Connaissance Orphistes et Pythagoriciens Contes  Persans et Soufi  La Kundalini et les Chakras

Bégards, Béguines et Turlupins

 

Navigation générale

Retour Suite Livres Florilège Cahiers Galerie Carnet Musique Auteur Copyright
Contenu du Site Liens utiles Page d'accueil

 

Donnez, s'il vous plait, votre avis sur la présentation et le contenu de cette page en utilisant le lien ci-dessous. Merci.

Accès Email

Haut de page