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Arts et Sciences, Hommes et Dieux

Jacques Henri PREVOST

 

 
Petit Manuel d’Humanité

CAHIER 37 - La Religion des Romains.

MANUSCRIT
ORIGINAL


 N° 00035434
Tous droits
réservés
   
 

Table des Matières interactive.

Introduction.
La religion étrusque.

L'organisation des cultes à Rome.

Les Dieux italiques.

Les Dieux grecs et étrangers.

Commentaires et illustrations.
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La religion des Romains.

Introduction

 

 

Les dieux des Romains apparaissent analogues à ceux des Grecs, mais leurs religions sont très différentes. Les peuples grecs et romains ont une origine indo-européenne commune et, lorsque ils ont migré vers des territoires différents, ils ont amené avec eux les mêmes antiques fondements religieux. Ils les ont ensuite développés dans des contextes distincts. Quand ils se sont rencontrés, ils ont procédé aux rapprochements qui leur semblaient possibles. Les dieux des Grecs et des Romains n'étaient pas transcendants. Ils habitaient le Monde, comme les Hommes, ils étaient immortels et le plus souvent invisibles. Mais les Grecs se souciaient surtout des origines du Monde, des dieux et des hommes, tandis que les Romains s'intéressaient bien plus à l'histoire de leur cité. On trouve chez les premiers des cosmogonies complexes, parfois diversifiées, et une ouverture métaphysique qui est inexistante chez les seconds. Pour les Romains, l'histoire du Monde commence avec la fondation de Rome, et leur religion constitue une sorte de pacte avec les dieux fondée sur le respect rigoureux des rites établis. Les Grecs n'ont pas de clergé, les Romains en ont plusieurs. Á terme cependant, les deux peuples se détacheront pourtant de leurs dieux innombrables, et ils accueilleront avec une relative facilité les étranges Cultes à Mystères importés d'Orient, ceux d'Isis, de Cybèle, ou de Mithra, et même le Christianisme primitif. Si les Grecs nous ont laissé la démocratie et la philosophie en héritage, les Romains ont mis en place, malgré leur grande cruauté, les fondements du droit et de la loi écrite, ce qui demeure au autre bien précieux. En ce sens, ces anciens méritent notre respect car leurs travaux encadrent encore notre vie quotidienne.

L'empire romain

  

 

 

La religion étrusque



 

L'antique religion étrusque pratique l’art antique de la mantique comme les Égyptiens et les Chaldéens. Elle est fondée sur trois groupes de livres sacrés. Le premier concerne l’aruspicine, observation du ciel et des oiseaux, et l’extispicine, l'ensemble des techniques divinatoires liées aux sacrifices, (Examen des comportements des victimes, disposition des viscères, couleurs des flammes et fumées des bûchers, etc..). Ces pratiques inspirées ressemblent à celles des devins babyloniens. Les haruspices utilisent des maquettes précises de viscères d’animaux. Les pratiques qui permettent de modifier éventuellement un destin défavorable ou funeste sont précisément codifiées. Les livres du second groupe enseignent la divination par l’observation de l’aspect des éclairs. Le ciel est partagé en seize parties déterminées par les quatre points cardinaux et l’axe Nord/Sud. L’observateur fait face au Sud. Les indices sont favorables à l’Orient, et défavorables à l’Occident. La signification des éclairs et du tonnerre est définie pour chaque jour de l’année. Onze sortes de foudres sont associées aux différents dieux toscans concernés, (dont les maladroites approximations romaines seront Jupiter, Junon, Mars, Saturne, et Minerve). Ces livres expliquent la signification des prodiges et des phénomènes extraordinaires rencontrés dans la nature. Tout est soigneusement réparti et catalogué, plantes, animaux, ou événements insolites. Les livres du troisième groupe règlent la répartition des terres et propriétés entre les membres des communautés, selon un code précis. Ils régissent également la disposition et l’orientation des différents édifices.

Objets étrusques

La religion des Romains n'intègre aucune cosmogonie ou hypothèse sur les origines de l'Univers, des dieux ou des hommes. Elle est bâtie sur la seule immanence de l'existence et de l'histoire de Rome. Quand Romulus et Remus consultent les présages, ils observent le vol des oiseaux. Remus observe six vautours. Romulus prétend en avoir vu douze et s'arroge le droit de choisir l'emplacement. Rendu furieux, Remus en franchit la marque et se fait tuer. La légende de sa fondation place d'emblée la ville sous les signes du sang et de la violence, et son destin en restera marqué. L'observation du vol des oiseaux est une pratique divinatoire relevant de  la religion étrusque. La présence des Étrusques, (ou Toscans), dans la péninsule est constatée dès le ~13ème siècle. Ils y établissent une civilisation urbaine, épicurienne, spécifiquement marquée par la place importante tenue par les femmes. Outre Rome, ils fondent de nombreuses villes et ports dans le Latium, en Toscane et en Ombrie, mais peu d’édifices en ont subsisté. Il semble que les temples étaient construits par groupes de trois, correspondant aux triades honorées, disposés aux points cardinaux où étaient placées les quatre portes des cités géométriques. Les objets de pierre sculptée, de céramique, ou de terre cuite, ainsi que les bijoux d’or, d’argent, ou d’ivoire, témoignent d’une bonne habileté technique et d’une grande richesse artistique. Vaincus par les Grecs à Cumes en ~474, les Étrusques sont ensuite chassés de Rome. Prédécesseurs des Romains qui les battent définitivement en ~350, ils influencent cependant très largement leurs arts, leur architecture, et surtout leur urbanisme.

La Triade Capitoline, Jupiter, Héra, Minerve

L'importance des nécropoles et des rites funéraires montrent que l’au-delà est au centre des préoccupations des Étrusques. Leurs livres sacrés enseignent que l’observance des rites permet d’accéder à une forme d’immortalité, paradisiaque ou infernale, selon les cas. Leur religion tente d’influencer le cours des choses en apaisant les dieux et en organisant soigneusement la vie civile. Après la disparition de Romulus, le second roi de Rome, Numa Pompilius, fonde les cultes sur la base (de tradition étrusque) d'une triade fonctionnelle dite "précapitoline", dans laquelle, Jupiter, (Dyos Piter, Dieu le Père, en sanscrit), représente la souveraineté, Mars, la fonction guerrière, et Quirinus (Romulus), le dieu du peuple, les fonctions de production et de fécondité. Plus tard, une nouvelle triade s'y substitue associant Jupiter, Junon, son épouse, et Minerve, la protectrice de Rome. La religion devient civique, ritualisée et officielle. Elle est organisée par et pour l'État, et ses cultes sont légalement autorisés ou interdits. Elle concerne essentiellement les citoyens romains et se montre relativement tolérante envers les cultes des étrangers. Elle a pour mission de préserver la "pax deorum", la paix des dieux, condition qui assure la prospérité de la Cité, la victoire dans les guerres et la cohésion de la société. L'efficacité des cultes dépend de la bonne réalisation des rites, soigneusement exécutés. Les Romains ne craignent pas leurs dieux qu'ils révèrent comme des entités supérieures très puissantes, particulièrement honorables, qui entretiennent avec les humains des rapports de réciprocité et garantissent leur bienveillance en réponse aux marques de piété.

Sarcophages étrusques

Sur la fondation de Rome, des légendes incertaines sont confondues dans la tradition littéraire qui situe son origine à la fin de la Guerre de Troie.  Enée, un chef troyen, fils d'Anchise et de Vénus, fuit en bateau, débarque au Latium et épouse Lavinia, fille du roi Latinus. Son fils Ascagne fonde la ville d'Albe. L'un de ses descendants, Numitor est dépossédé par son frère Amulius. Sa fille Rhéa Sylvia, pourtant vestale, devient mère de deux jumeaux, engendrés par Mars. Amulius fait noyer Rhéa et dépose les deux enfants dans une corbeille sur le Tibre. Échoués au pied du Palatin et nourris par une louve, ils sont recueillis par deux bergers qui les nomment Romulus et Remus. Les enfants grandissent puis font rendre sa couronne à Numitor. Ils en reçoivent une vaste terre près du Tibre, et décident d'y fonder une ville. Les présages donnent la primauté à Romulus qui trace à  la charrue les futurs contours de sa ville.  Remus en ayant franchi le sillon par bravade, Romulus le tue, fondant Rome par le sang de son frère. Le peuple Samnite était établi dans l’Italie centrale au ~5ème siècle. Après trois guerres dont la seconde est perdue par les Romains, (qui doivent passer sous le joug humiliant des fourches caudines), un traité mit fin au conflit, unissant définitivement les deux peuples. Les Samnites nous sont connus par l’épisode de l’enlèvement des Sabines, (des Samnites), par les compagnons de Romulus qui organisent de grands jeux en l'honneur du dieu Consus, puis s'emparent des filles de leurs invités. Une guerre féroce éclate. Les Sabines qui ont épousé leurs ravisseurs, séparent les combattants et les réconcilient.

 

L'Enlèvement des Sabines, chef d'œuvre de Giambologna dans la Loggia dei Lanzi à Florence

Lien vers d'autres remarquables images des Sabines

 

 

L'organisation des cultes à Rome

 

 

Après la mort du roi sabin Tatius, Romulus règne seul. Il disparait un jour pendant un orage. On en conclut que son père, Mars, l'avait enlevé, et il est adoré depuis comme un dieu sous le nom de Quirinus, l'un des trois principaux dieux du panthéon Romain. Les activités civiles et religieuses sont confondues à Rome. Elles sont régies par un calendrier cyclique mal connu, (qui change au cours du temps en demeurant assez différent du nôtre). Le plus ancien ne dénombre  que 55 jours ouvrables, le reste de l'année étant  réservé aux fêtes et aux dieux. Sous la République, il y a 45 jours de fêtes religieuses et 60 jours de jeux  publics (qui furent portés à 175 sous l'Empire), environ un jour sur deux. L'année romaine est calée sur le cycle lunaire. Elle commence en Mars et ne compte initialement que 304 jours répartis sur dix mois (numérotés de un à dix). On attend ensuite environ 60 jours jusqu'à ce que le grand Pontife déclare ouverte l'année nouvelle. Le roi Numa Pompilus ajoute deux mois de 25 jours à ce calendrier  en les consacrant à Janus et Fébruus, (la correction nécessaire a lieu tous les quatre ans). Jusqu'au 1er siècle, les Romains ignorent également la semaine. Trois jours marquent la division du mois, les "Calendes", (premiers jours), où l'on proclame les cultes du mois, les "Ides" qui en marquent le milieu, et les "Nones", neuvièmes avant les Ides. Les dates sont calculées en reculant par rapport au repère suivant. Jules César reforme ce calendrier en ~46 en le calant sur un cycle solaire de 365 jours, et Constantin introduit officiellement la semaine de sept jours en 321  après J.C.

MOIS
Durée
MARTIUS
31
APRILIS
30
MAIUS
31
IUNIUS
30
QUINTILIS
31
SEXTILIS
30
SEPTEMBER
30
OCTOBER
31
NOVEMBER
30
DECEMBER
30
TOTAL
304
Nom français
Nom romain
samedi saturnus dies
dimanche solis dies
lundi lunuae dies
mardi martis dies
mercredi mercurii dies
jeudi jovis dies
vendredi veneris dies
Graffiti sur un mur romain de Pompéi qui montre, à gauche, l'ordre et les noms des jours de la semaine romaine
Calendrier romain Il apparaît ici que la semaine romaine commençait le samedi

Il y a à Rome, de nombreux prêtres répartis en deux groupes, les Collèges et les Sodalités. Mais la notion de laïcité n'existe pas et tout citoyen peut se transformer en célébrant puisque la religion n'est qu'un rituel destiné à maintenir la bienveillance générale des dieux. On comptait trois puis quatre Collèges dont les Pontifes, avec un rôle est très important car ils dirigent toute la religion romaine, les Augures, chargés d'interpréter les désirs des dieux par l'observation des signes divinatoires, les Quindecemviri qui consultent les Livres Sibyllins dans le même but, et enfin les Septemviri qui supervisent les jeux publics, le culte rendu à Jupiter Capitolin et les banquets sacrés. Il y a 16 Pontifes majeurs, issus des sénateurs et 3 Pontifes mineurs, issus des chevaliers. Nommés par cooptation, ils sont sous l'autorité du  (Pontifex Maximus),  le Grand Pontife (ultérieurement l'empereur), qui désigne parmi eux le Rex Sacrorum, le roi des choses sacrées, un patricien indissolublement marié qui a un rôle sacerdotal particulier. Les Pontifes sont en charge de l'important calendrier. Ils président toutes les fêtes traditionnelles, conservent les archives religieuses, jugent certaines affaires privées (deuils, mariages, testaments), Ils examinent les prodiges retenus par les Augures, et consacrent les lieux et monuments publiques.  Á l'origine, ils entretenaient un pont sacré, d'où leur nom. Dans le même collège, on trouve aussi les Vestales et les quinze Flamines dont trois majeurs, le Flamine de Jupiter, Flamen Dialis, le Flamine de Mars,Flamen Martialis, et le Flamine de Quirinus, Flamen Quirinalis.

Statue d'un
Pontife Romain
L'empereur Hadrien
en Pontifex Maximus

Les Vestales sont les prêtresses de la déesse du feu Vespa, personnification divine des foyers. Vénérées par tous les Romains, elles entretiennent le feu perpétuel qui brûle dans le temple pour symboliser l'âme des ancêtres, feu qu'on ne peut rallumer qu’aux rayons du soleil, avec des miroirs, si jamais il s'éteint. Les Vestales sont des jeunes filles choisies dans les familles patriciennes, dès l'âge de six à dix ans. Parfaites et sans défaut physique, elles doivent rester vierges et demeurent en service pour trente ans. Elles sont au nombre de dix-huit, six en exercice, six novices et six anciennes. Pendant les dix premières années, elles sont instruites par les aînées, pendant les dix années, elles exercent effectivement leur ministère, et pendant les dix dernières, elles instruisent les novices. Elles rentrent ensuite dans la société et peuvent se marier. Le Grand Pontife les nomme par tirage au sort, et c'est aussi lui qui les punit très sévèrement quand elles laissent le feu s'éteindre. Astreintes à la virginité, les vestales doivent avoir une absolue pureté de mœurs. Celle qui manquerait au vœu de chasteté serait emmurée vivante dans un caveau avec quelques provisions et une lampe à huile. Comme tous les hauts dignitaires, elles sont précédées d'un licteur et suivies de nombreuses femmes et d'esclaves lorsqu'elles se déplacent. Elles peuvent faire gracier un condamné à mort rencontré sur leur chemin. Elles ne dépendent que du collège des pontifes, et sont souvent appelées pour apaiser les petits conflits familiaux. Vêtues de blanc avec un voile orangé, elles peuvent porter un manteau pourpre et garder toute leur chevelure.

Vestales entretenant le Feu sacré Consécration d'une Vestale

Placés sous l'autorité du Pontifex Maximus, les Flamines sont attachés au culte d'un seul dieu. Trois flamines majeurs sont issus des patriciens, celui de Jupiter, Flamen Dialis, le Flamine de Mars,Flamen Martialis, et celui de Quirinus, Flamen Quirinalis. Les douze autres, issus des plébéiens, regroupent les Flamen Carmentalis (Carmentis), Flamen Cerialis (Ceres), Flamen Falacer (Falacer), Flamen Floralis (Flora), Flamen Furrinalis (Furrina), Flamen Palatualis (Palatua), Flamen Pomonalis (Pomona), Flamen Portunalis (Portunus), Flamen Volcanalis (Vulcain), et Flamen Volturnalis (Volturnus). Certains dieux nous sont inconnus, l'institution semble remonter à Romulus ou Numa. Les Flamines conservent chez eux le feu sacré, symbole de leur fonction. La charge prestigieuse est contraignante. L'impétrant est solennellement marié (par confarreatio, forme réservée aux patriciens). Il porte l'apex, coiffe de cuir blanc surmontée d'une touffe de laine. Il est soumis à de nombreuses obligations, ne pouvant monter à cheval ni dormir trois nuits hors de chez lui, ni passer sous une vigne, ni voir l'armée. Les pieds de son lit sont enduits de glaise. Le flamine de Jupiter ne touche pas les animaux impurs, ni un cadavre ou rien évoquant la mort. Il ne porte aucun nœud ou agrafe, ne se tient pas nu sous le ciel. En contrepartie, il siège au Sénat et dispose d'un licteur et d'une chaise curule, comme les hauts magistrats. Son épouse, la flaminica est vêtue de robes aux couleurs vives et participe aux rites. Elle ne peut montrer ses chevilles ni se coiffer avec un peigne en bois ou utiliser des ciseaux de fer, etc..

Symbolique de la Pax Deorum
Ci-dessous liens haruspiciens
Flamines Carte romaine d'un foie de lièvre Augure et poulet sacré
Carte antique d'un foie de mouton
Sacrifice augural d'un bœuf Lituus augural Sacrifice pour un Haruspice

Les Augures forment le second collège religieux romain. Lors de la fondation de Rome, c'est un augure étrusque du nom de Vettius qui départage Romulus et Remus par l'observation des vautours. Leur rôle est de faire connaître l'avis des dieux. Dans la Rome antique, les décisions politiques sérieuses exigent la consultation des augures, en charge de l’interprétation des signes divins. L'avis des dieux peut être obtenu par un présage lié à la survenance d'un évènement étrange dont le sens est donné par le collège des augures et la consultation d'archives spéciales ou des "Livres Sybillins". S'il n'y a aucun présage, l'augure observe l'appétit des poulets sacrés ou épie ce qui se passe dan un Templum, (non pas un temple), un lieu céleste dédié aux dieux. Il délimite cet espace avec le lituus augural, un bâton sans nœud terminé par une crosse courbe (qu'on retrouve dans la crosse des évêques et dans le mot liturgie). Si des oiseaux y passent, c'est un signe, favorable ou défavorable selon la direction de leur vol. Le lituus est utilisé dans d'autres rites "d'inauguration", comme lors de la fondation des édifices ou des villes. Quand l’armée part en campagne, elle est accompagnée d'augures et emporte des poulets dans des cages pour avoir des indications sur les combats prochains. Les Haruspices, autres spécialistes des signes divins, utilisent les pratiques divinatoires étrusques. Ils prédisent surtout l’avenir en observant les entrailles d’animaux sacrifiés, particulièrement leur foie. Contrairement aux Augures de fonction publique, les Haruspices sont des voyants plutôt consultés pour des questions d'ordre privé.



Panorama processionnel (Musée dell'Ara Pacis à Rome).

Deux autres collèges existent à Rome. Quinze prêtres dont la moitié de plébéiens constituent le Collège des Quindecemviri sacris faciundis. Placés sous l'autorité du Pontifex Maximus, ils sont chargés de consulter les Livres Sibyllins. Il s'agit de trois recueils d'oracles probablement acquis à la Sybille de Cumes, au ~6e siècle, par le roi Tarquin le Superbe qui les plaça dans le temple de Jupiter. Ils sont consultés dans les circonstances graves, ou lors de l'apparition d'un prodige manifestant une colère divine, afin de savoir quel dieu est irrité et comment l'apaiser. Ils provoquèrent l'introduction de plusieurs dieux grecs dans le Panthéon romain et l'instauration des banquets sacrés donnés en l'honneur des dieux, et ils conclurent parfois à la nécessité de sacrifices humains. Les Quindecemviri lisent l'interprétation des oracles devant le Sénat qui décide de la suite à donner.  Ces Livres Sybillins furent brûlés par les Chrétiens lorsque le Christianisme devint religion d'État. Á leur fondation, au ~2e siècle, les Septemviri Epulone groupent sept plébéiens qui constituent le septième Collège. Ils assistent les Pontifes et sont autorisés à porter la robe prétexte, une toge blanche bordée de pourpre marquant la dignité patricienne. Ils procèdent aux libations avec la "Patera", et ils supervisent les jeux publics, le culte rendu à Jupiter Capitolin, les repas publics donnés par l'empereur et les "lectisternes" des banquets sacrés donnés pour Jupiter et les autres dieux, à l'occasion d'une réjouissance ou d'une calamité publique. Les statues des divinités sont couchées devant des tables couvertes de victuailles que mangent ensuite les Epulones.  

Libation par l'empereur Hadrien 
 
La Patera est la cuvette sacrée utilisée pour les libations. Son fond est souvent renflé pour que le pouce ne profane la libation pendant qu'on la verse. C'est l'emblème spécifique des Epulones.

Il existes d'autres confréries, les Sodalités (sodalitas), qui comprennent au moins les Fétiaux, les Saliens, les Frères Arvales et les Luperques. Les Féciaux interviennent lors des déclarations de guerre et des traités de paix. Les Saliens gardent un don divin, le bouclier sacré de Numa qui serait tombé du ciel. Le roi le plaça en un endroit réservé (la Curia Saliorum) et en fit faire onze copies pour que nul ne puisse reconnaître le vrai. Ces boucliers (ancilia) se mettraient en mouvement en cas de danger. Les frères Arvales commémorent Acca Larentia, la nourrice des jumeaux Romulus et Remus. Ses fils furent les premiers Arvales. Ces Frères doivent curieusement invoquer le dieu Mars pour qu'il accorde la prospérité des champs. Il est étonnant de trouver le dieu de la guerre dans un rite agraire, mais l'été est la saison de la guerre comme des travaux des champs. Les Luperques sont les prêtres du dieu Faunus Lupercus. Au mois de février, en mémoire de la Louve mythique (lupa), ils immolent des chèvres et des chiens dans la grotte du Lupercal. Nus et tachés de sang, ils font le tour du Palatin en flagellant les femmes sur leur chemin pour les rendre fécondes. Cette fête licencieuse serait l'origine de la St Valentin. Il y a encore à Rome d'autres groupes religieux, tels les trente Curions, les prêtresses de Cérès, ou les Galles de Cybèle. Les Curions sont les sacrificateurs des Curies, (Romulus ayant divisé le peuple en trois tribus et trente curies). Á Rome, l'exercice d'une fonction religieuse laisse les prêtres mener une vie normale, et ils peuvent cumuler magistrature religieuse et magistrature civile, ou passer de l'une à l'autre.

  

 

Hestia, équivalent grec de Vesta

 

 

Les Dieux Italiques
 

 

Les dieux  des Romains ne sont pas des personnes comme les dieux grecs. Ce sont plutôt des énergies issues de la nature, du destin, ou même des abstractions divinisées. Le Romains n'ont pas ni cosmogonie ni mythologie, hors l'histoire de la fondation de Rome. Les dieux sont des entités exigeantes qu'il convient de traiter selon les rites et avec la pureté de mœurs nécessaire. Certains dieux sont indigènes (indigetes) et d'autres sont importés (novensides) .Certains reçoivent un culte public, et d'autres un culte domestique pratiqué à domicile devant un autel (lararium) construit ou peint dans chaque maison. Ces cultes privés honorent les dieux les plus anciens, venant des Étrusques, à commencer par le Génie associé à chaque vivant (genius). Celui du père de famille est souvent représenté par un serpent. Associée à Junon, la femme n'a pas de génie propre. Le père dirige le rituel particulier à chaque foyer. Le Grand Pontife s'assure seulement que sa bonne observation garantit le société contre la venue des Larves, (âmes damnées venant hanter la demeure des vivants). Le père de famille jette des fèves noires par dessus son épaule gauche en prononçant des conjurations. Les Lémuries sont célébrées dans chaque foyer début mai, dans le même but. Au milieu de la nuit, le père se lève, pieds nus, suivi de toute la maisonnée. Il fait la fica avec le pouce au milieu de ses doigts joints pour s'assurer une protection magique. Il se lave les main puis prend neuf fois de suite des fèves noires qu'il mâche et crache derrière lui en prononçant une formule de conjuration rituelle. Il se purifie dans l'eau  de nouveau et l'on fait tinter des vases de  bronze toute la nuit pour effrayer les ombres qui, sans ce rite, pourraient emporter dans la mort l'un des membres de la famille.

 
Lararium avec le serpent du Genius Lararium peint à Herculanum

Les Mânes, les esprits des ancêtres d'où provient le Génius du père de famille, peuvent donc être des puissances maléfiques dont il convient de se concilier les bonnes grâces. D'autres Lémures, par contre, les Lares, sont toujours bénéfiques. Ces sont des divinités protectrices originellement agraires, publiques ou privées, attachées à un lieu fixe. Elles protègent les carrefours (lares compitales), la maison (lares familiares), et aussi l'État (lares praestites). Des stèles dédiées aux Lares publics sont édifiées aux carrefours et au long des chemins (où les Romains enterrent les morts). Dans les laraires domestiques, les Lares familiers sont généralement représentés sous forme d'adolescents tenant une corne d'abondance. On leur porte une grande attention en les entourant de fleurs et en leur adressant des prières fréquentes. Les esclaves et les affranchis sont activement associés aux cultes domestiques, et l'un d'entre eux entretient le lararium. Chaque jour, on prie aussi les Pénates, divinités du foyer. Elles veillent sur le feu de la cuisine et gardent sains les aliments. Le mot "pénates" vient en effet de penus, qui signifie garde manger. Liés à la famille qu'ils protègent, les Pénates se déplacent avec elle. L'expression française "transporter ses pénates" vient de cette coutume. Ce culte est associé à celui de Vesta, la déesse de ce feu domestique sacré qui ne doit jamais s'éteindre, pas plus que le feu sacré de la Cité. Au coté des Lares sur le Lararium, on trouve de nombreuses statuettes offertes en ex-voto aux divinités les plus diverses. Le jour de leur mariage, les jeunes filles offrent d'abord leurs poupées d'enfance aux Lares de leur père, puis elles placent une statuette de Vénus, symbole d'amour et fécondité, dans le Laraire de leur nouvel époux.

Vénus de fécondité en bronze - IIIème-IVème siècle après. J.-C

Chaque partie de la maison romaine est placée sous la protection d'une divinité domestique particulière, comme Forculus qui en garde la porte, Limentinus, la pierre du seuil, et Cardea, les gonds. D'autres divinités nombreuses aident l'enfant à grandir. Vaticanus aide le nouveau-né quand il pousse son premier cri, Cunina le protège au berceau, Rumina l'aide à téter, Statulinus ou Statinus lui apprennent à se tenir debout. Plus tard, Educa l'assiste pour manger seul et Potina pour boire. Fabulinus l'apprend à parler, et lorsqu'il commence à marcher, Abeona protège ses allers et Adeona ses retours. D'autres divinités protègent le bétail et les récoltes. Bubona s'occupe des boeufs, Epona, des chevaux, Pales, des moutons. Flora fait fleurir le blé, Matula le fait mûrir et Robigo le protège de la rouille. De façon très particulière, l'on célèbre aussi à Rome, des entités fort abstraites comme Fors et Fortuna, les deux déesses du hasard, Fides, la bonne foi, Honor et Virtus, la gloire et la valeur, Concordia, la force de cohésion des citoyens, Febris, la fièvre, etc.. Pour éviter de mécontenter quiconque, on prie même le "dieu inconnu", et on lui élève un temple (qui fut un temps offert aux Chrétiens). Les Romains honorent encore un grand nombre de "volontés divines aléatoires" (numina) qu'il faut absolument se rendre favorables dans des circonstances bien précises de l'existence. Par exemple, dans la succession saisonnière des travaux agricoles et en fonction de son activité, le cultivateur doit s'adresser à Sterculinus (pour l'engrais du sol), à Vervactor (pour le premier labour), à Redarator (pour le second), ou à Sator (pour l'ensemencement) etc.. Pendant longtemps, les Romains ne représentent pas ces "numina",  ce qui démontre leur très grande ancienneté. 


Des grands dieux romains

Les principaux dieux italiques (indigetes) semblent être Carmenta (déesse des sources, puis de la prédiction), Cérès (déesse des fruits de la terre), Faunus (dieu du bétail), Flora (déesse des fleurs), Janus (dieu de la lumière), Junon (déesse de la femme et de la maternité), Jupiter (grand dieu du ciel et du tonnerre), Mars (dieu de la végétation et de la guerre), Minerve (déesse de l'intelligence), Palès (dieu puis déesse des pâturages et des bergers), Pomona (déesse des fruits et des arbres), Quirinus (confondu avec Romulus), Saturne (dieu des semailles et de la culture), Tellus (déesse de la terre et des moissons), Vertumne (dieu des saisons et du commerce), Vesta (déesse du foyer), Vulcain (dieu du feu).  On trouve aussi Flora (protectrice des jardins), Silvanus (dieu des bois), Feronia (dieu de la nature sauvage), Lupercus (dieu des loups), Consus (lié au monde souterrain et protecteur du blé). Les dieux de la fertilité ont un double aspect mâle et femelle comme Liber/Liberia (dieux de la vigne et de la fertilité en général). Les Latins considèrent alors que les numina sont des manifestations impersonnelles de la volonté divine et qu'elles ne doivent donc pas avoir de forme. Parmi ces "volontés ou intentions divines", certaines numina sont particulièrement importantes parce qu'elles patronnent une activité globale. Saturne préside aux semailles, Janus à la lumière, Mars à la végétation et la guerre, Jupiter aux éclairs et phénomènes atmosphériques. Á l'origine, ils sont représentés par des symboles comme l'épée du dieu Mars. À partir du ~6e siècle, sous l'influence des Étrusques, une assimilation se produit avec des dieux grecs, et les dieux commencent à apparaître avec un caractère personnel et sous une forme anthropomorphique.

Janus double face (Vatican)

Les Romains observent rigoureusement les rites car toute négligence oblige à les recommencer. Les pratiques ordinaires comportent des prières, des vœux et des sacrifices. Pour prier, le fidèle se tient à genoux, tête couverte, tourné vers l'est. Il touche l'autel ou les genoux de la statue. Il répète à haute voix les formules lues par le prêtre et il termine par l'adoratio (baiser envoyé de la main gauche) ou la supplicatio (prosternation). Il peut aussi faire des vœux ou promesses, comme bâtir un temple, célébrer des jeux, offrir des sacrifices ou des dons, etc.. Pour offrir un sacrifice, il doit se baigner et revêtir une robe blanche. Les animaux à immoler doivent être sans tache. Ils sont garnis de bandelettes et leurs cornes sont dorées. Des serviteurs sacrés les amènent en donnant l'impression qu'ils vont d'eux-mêmes au sacrifice. On place sur leur tête un gâteau fabriqué par les Vestales, et on l'arrose de vin en faisant une libation. Puis, un serviteur spécialisé, le victimaire, questionne «agone?». Et le prêtre, la tête couverte d'un pan de sa toge, répond «hoc age». La victime est alors immolée d'un coup de maillet, de hache ou de couteau. L'animal est dépecé et sa chair partagées entre le prêtre, le donataire et l'assistance, tandis que les haruspices examinent les entrailles. Si elles ont bon aspect, on les brûle sur l'autel, sinon le sacrifice n'est pas agréé des dieux et doit être recommencé. Une forme élaborée de sacrifice (suovetaurile) peut clôturer une cérémonie de purification commencée par une procession. D'autres pratiques consistent en un festin offert à la statue d'un dieu couchée sur un lit (lectisterne) ou assise sur un siège (sellisterne)... Les Romains invitent aussi les dieux des adversaires vaincus à venir à Rome pour être bien honorés.

  

La déesse Vénus

 

 

L'influence grecque et les dieux Étrangers
 

 

La jeune Rome entre vite en conflit avec Albe qui dirige la région. Le combat légendaire des Horace contre les Curiace marque la fin de cette prédominance, au profit de Rome. Historiquement, au ~8e siècle, les Grecs, les Carthaginois et les Étrusques régentent à tour de rôle cette Méditerranée occidentale. Dans le Latium, Rome reste conduite par les Étrusques, (les Tarquin).  Cette situation dure jusqu'au ~6e siècle, puis les patriciens romains chassent Tarquin le superbe, leur dernier roi étrusque. Rome s'émancipe et nomme deux "rois annuels", les consuls. Divers conflits l'opposent aux Étrusques, aux Sabins, et autres peuples latins. Au ~4e siècle les Celtes (Gaulois), conduits par Le Brenn, investissent Rome , la rançonnent (Vae Victis), et puis s'en vont. Rome se renforce alors et engage plusieurs guerres dites "Samnites" qui lui permettent de s'emparer de l'Italie centrale puis de l'Italie du Nord. Cependant, les Grecs très affaiblis sont encore présentes dans leur ancienne colonie de la Grande Grèce (Italie du Sud et Sicile). Rome tente plusieurs fois de s'en emparer, mais les éléphants du macédonien Pyrrhus contiennent les légions qui finissent pourtant par vaincre en ~272, et Rome s'empare de toute l'Italie du Sud. Quoique la péninsule soit alors entièrement soumise, le territoire proprement romain reste  limité au Latium, à l'Ombrie et à la Campanie, les autres  régions payant simplement tribut. La Sicile demeure encore aux mains des Carthaginois. La puissance importante et croissante de Carthage dans la région est un souci constant pour les Romains.  Leurs concurrents dominent déjà la plupart des cotes de l'Afrique du Nord, le détroit, la moitié orientale de la péninsule hispanique et les trois grandes îles aux portes de Rome.

Les éléphants de Pyrrhus le Macédonien Le Carthaginois Hannibal franchit le Rhône

La confrontation avec les Carthaginois est inévitable. Elle prend la forme des trois guerres (dites puniques) successives, entre ~264 et ~146. Pour l'époque, les moyens mis en œuvre sont absolument considérables. La première guerre fut menée par les Carthaginois Hamilcar Barca puis Hasdrubal et son fils Hannibal. Elle dure environ vingt ans, et Carthage envahit l'Espagne mais perd la Sicile. La seconde guerre est la plus connue, et Carthage y engage des moyens énormes. Son armée compte soixante mille fantassins, onze mille cavaliers numides, et trente-sept éléphants. Le général Hannibal réalise un exploit militaire extraordinaire. Son immense armée traverse toute l'Espagne et les Pyrénées. Elle remonte ensuite le Rhône qu'elle passe sur des radeaux, puis elle traverse les hauts cols des Alpes avec ses cavaliers et éléphants, et entre en Italie. Allié aux Gaulois et aux Macédoniens, Hannibal, d'abord victorieux, obtient le ralliement de la Sicile, de la Sardaigne, de Tarente et de Capoue, ville dans laquelle il s'attarde longuement au lieu de marcher sur Rome. Pendant ce temps, les Romains fort affaiblis réussissent à rassembler deux cent mille guerriers. Sous le commandement de Scipion (l'Africain), ils s'emparent de l'Espagne et débarquent en Afrique. Ils retournent les alliés numides, et avec cette nombreuse cavalerie, ils gagnent la bataille décisive de Zama qui marque la défaite de Carthage. Cette guerre marque cependant profondément les Romains qui décident de détruire complètement Carthage. La troisième guerre amène le terrible siège de Carthage, qui dure trois ans (de ~149 à ~146). Finalement les Romains détruisent complètement la ville qui est rasée, et la population est exterminée dans l'un des grands génocides de l'Histoire.


 

Carthage antique de Didon

Ruines de Carthage

Sans la défaite de Carthage, la condition actuelle de l'Occident serait très différente. Leurs dieux phéniciens étaient mystérieux et féroces et s'appelaient Baal (El), Astarté (Tanit), Melgart, Eshmoun, etc.. Leurs cultes cruels comportaient des sacrifices humains (peut être aussi d'enfants). L'écrasement de Rome par Hannibal aurait probablement signifié la diffusion de ces cultes dans toute l'Europe occidentale. Les Romains accueillaient facilement les dieux des nations vaincues, mais il ne semble pas qu'ils aient jamais adopté ceux des Carthaginois. Au ~3e siècle, ils vénéraient déjà Esculape, une romanisation du dieu grec Asclépios. Pourtant, la première divinité orientale officiellement introduite en ~202 à Rome fut Cybèle, une déesse anatolienne au culte sanglant dont les fidèles, les Galles, se castraient parfois aux mêmes avec des éclats de silex. On lui éleva d'ailleurs un temple. Sur le plan politique, les Romains sont maîtres de l'occident européen mais ils n'en restent pas là. Ils engagent la conquête de toute la Méditerranée orientale. Cela leur demande beaucoup de temps, un siècle et demi environ, et la religion romaine évolue beaucoup au contact des civilisations étrangères. La rencontre des dieux grecs transforme les concepts religieux romains et provoque d'étranges assimilations. Jupiter est assimilé à Zeus, et des petites divinités romaines secondaires sont identifiées aux grands dieux grecs, comme Neptune à Poséidon, Diane à Artémis, et bien d'autres. Des dieux grecs comme Dionysos, inconnus à Rome, y sont importés avec tous leurs attributs. Et comme la religion grecque avait  beaucoup évolué en relation avec la constitution de l'immense empire d'Alexandre, les conséquences de l'évolution sont intégrées par les Romains.

Correspondance des noms des dieux grecs et latins
Grec Latin Dieu ou déesse

Gaïa

Terra Déesse-mère, personnifie la Terre
Ouranos Uranus Dieu-père, personnification du Ciel
Cronos Saturne Titan, père de Zeus
Rhéa Cybèle Titanide, épouse de Cronos/Saturne
Zeus Jupiter Roi des dieux
Héra Junon Déesse du Mariage, épouse de Zeus/Jupiter
Hadès Pluton Dieu des Enfers
Poséidon Neptune Dieu de la Mer
Déméter Cérès Déesse de la Terre et de l'Agriculture
Hestia Vesta Déesse du Foyer
Aphrodite Vénus Déesse de l'Amour et de la Beauté
Grec Latin Dieu ou déesse
Arès Mars Dieu de la Guerre
Athéna Minerve Déesse des Arts et de la Science
Héphaïstos Vulcain Dieu du Feu  et de la Forge
Apollon Apollon Dieu de la Lumière, des Prophéties et de la Vérité
Artémis Diane Déesse de la Chasse et de la Nature
Hermès Mercure Messager des Dieux
Dionysos Bacchus Dieu de la Vigne et du Vin
Eros Cupidon Dieu de l'Amour
Hélios Sol Dieu du Soleil
Perséphone Proserpine Déesse de la Mort et de la Fertilité
Asclépios Esculape Dieu de la Médecine et de La Santé

L’influence grecque et les idées platoniciennes marquent profondément la société romaine et s'étendent progressivement dans tout l’Empire. Depuis l'épopée d'Alexandre, le phare culturel d’Alexandrie rayonne sur la Méditerranée. Dans les quelques siècles qui encadrent la naissance du Christianisme, de nombreux courants de pensée agitent le monde antique. Les différentes écoles envoient des missions un peu partout pour répandre leurs cultes et leurs idées, et cela concerne aussi la Palestine et le Judaïsme. Cette importante turbulence amène des confrontations qui opposent les vieux cultes traditionnels aux religions nouvelles et aux idées des penseurs néo-platoniciens, hermétistes, gnostiques et chrétiens. Les Cultes à Mystères alexandrins apparus en Grèce se diffusent dans tout l’Empire Romain. Les plus connus sont les Mystères d’Éleusis, qui célébraient le culte des deux déesses, Déméter (Cérès à Rome), et Perséphone, mais d’autres cultes étaient rendus à Apollon, Dionysos, Cybèle et Attis, Mithra, Astarté, Pan, Adonis etc... Il faut ajouter les cultes égyptiens d’Isis, Sérapis, ou Anubis, et ceux de divers sauveurs comme Jupiter Héliopolitain Dolichénien. Ces cultes introduisent dans les religions antiques les concepts nouveaux d’immortalité de l’âme, de salut et de résurrection. Sous l’influence de l’hellénisme qui les tolère, les Romains accentuent leur facultés d'assimilation et adoptent avec enthousiasme ces doctrines dont les pratiques inhabituelles viennent secouer la terne monotonie de leurs habitudes. La plupart des nouvelles liturgies, (et ultérieurement le Christianisme), s’adressent à des dieux souffrants dont les cultes évoquent la passion, et les fidèles reproduisent sur eux-mêmes les tribulations du dieu.

Dionysos

Les pratiques entraînent des privations pénibles et des souffrances occasionnellement sanglantes, mais les Romains adaptent parfois les rites à leurs lois, remplaçant la castration des galles de Cybèle par une douche de sang dans le taurobole.  La célébration des Mystères provoque de frénétiques comportements de défoulement et des émotions violentes qui fascinent les citoyens romains blasés et fatigués par la décomposition politique et les traditions vieillissantes.  Des paroxysmes extatiques accompagnent la révélation progressive du dieu. Les liturgies, prenantes et colorées, s’appuient sur des initiations successives qui expliquent les significations cachées des Mystères. Elles sont accompagnées de baptêmes exaltants dont les rites de mort et de résurrection marquent la progression des initiés vers le salut dans un autre monde. Dans chaque niveau initiatique, des cérémonies marquent l’entrée dans une fraternité accueillante, et les rituels comportent souvent des repas en commun qui soudent la communauté. Le culte de la Déesse Mère Isis prend une importance considérable et elle devient la déesse universelle qui engendra l'univers et les astres. Un temple d'Isis existe encore à Pompéi. Un autre dieu connait un succès considérable à Rome, le dieu iranien Mithra dont le culte viril lié au taureau attirait les militaires. Il est évident qu'à cette époque  la religion traditionnelle ne satisfait plus les citoyens. Quoique les lettrés réaffirment leur attachement aux traditions ancestrales, les esprits s'ouvrent au monothéisme. L'empereur Aurélien tente d'instaurer le culte du Soleil invaincu (Sol invictus), puis en 380, l'empereur Théodose fait du Christianisme la religion officielle de Rome et tous les temples anciens sont détruits.

  

 

Le char du Soleil

 

 

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L'enlèvement des Sabines a inspiré beaucoup d'artistes
Peinture par David Au musée de Madrid
Une encre Caldara Polidoro
Marie France Munier Pablo Picasso

 

 

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Les rayons ardents du Soleil Le phare ruiné d'Alexandrie Des flambeaux dans la nuit Une soif inextinguible La conscience et la liberté
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Je refuse donc je suis Ombres et Lumières Les derviches tourneurs La Rose Croix L'Homme triple
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