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Arts et Sciences, Hommes et Dieux

Jacques Henri PREVOST

 

 
Petit Manuel d’Humanité

CAHIER 25 - Le Cao-Dai indochinois.

MANUSCRIT
ORIGINAL


 N° 00035434
Tous droits
réservés
   
 

Table des Matières interactive.

Les flèches vous ramènent ici, et le soleil au haut de la page,

Introduction.
La religion du Cao Dai.
Vidéos dans le Temple de Tay Ninh.
La Symbolique sur l'Autel.
Aspects du Culte.
Être Caodaïste.

La sortie du Temple.
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 Le Cao Dai indochinois.

Intérieur du Temple de Tay Ninh

Introduction

 


 

Le Cao Dai est la troisième religion du Vietnam. Elle a été fondée dans les années vingt à Tây Ninh, près de Saigon, par un adepte taoïste nommé Ngô Van Chiêun. C'est une religion syncrétique qui tente d'unifier les concepts du bouddhisme, du confucianisme, du taoïsme, du christianisme, de l'islam, du judaïsme, et même de quelques formes locales d'animisme. Le nombre actuel des fidèles est mal connu en raison de la situation politique du pays. Il se situe entre deux et quatre millions  dont les deux tiers étaient originellement bouddhistes. Le Caodaïsme admet fraternellement tous les hommes de bonne volonté sans distinction de croyance, de race, ni de rang social. C'est sur la ferveur et les mérites des fidèles que se bâtit la hiérarchie. Les Caodaïstes sont monothéistes. Ils croient en un seul dieu dont le même esprit s'est manifesté chez divers grands sages et prophètes tels Lao-tseu, Confucius, Bouddha, Moïse, Jésus ou Mahomet. On trouve aussi au Vietnam une autre religion syncrétique assez analogue, issue du Bouddhisme, le Hoa Hao. Elle compte au moins deux millions de fidèles et réunit bouddhisme, taoïsme, confucianisme et culte des ancêtres, mais elle exclut les autres confessions.   

Congrès Hoa Hao

Ngô Van Chiêun, le fondateur taoïste de la religion caodaïste en 1919, était un fonctionnaire annamite, délégué administratif dans l’île de Phu Quôc au Siam. Il pratiquait le spiritisme et découvrit l'existence d'un monde occulte. Il travaillait avec des médiums qui le mirent un jour en contact avec un "Esprit Supérieur" répondant à l'étrange appellation de "Cao Dai", Le Palais suprême. En 1926, Ngô Van Chiêun rencontra d'autres spirites qui utilisaient des tables frappantes qu'ils remplacèrent bientôt par un accessoire préconisé par Allan Kardec, la «corbeille à bec», dont la tête écrit directement les messages reçus. Les communications devinrent alors plus rapides, plus abondantes et moins fatigantes. Le 24 Décembre 1925, jour de Noël, l'Esprit connu sous le nom de Cao Dai se révéla comme étant l'Être Suprême et conseilla de le représenter sous la forme symbolique d'un oeil toujours ouvert signifiant l'omniprésence de Dieu. Usant de la voie spirite, la manifestation divine évitait de soumettre la nouvelle religion à l'autorité morale d'un Père fondateur qui aurait faire preuve d'intolérance. Favorisant ses propres croyances et refusant les vérités proclamées par d'autres religions, il en eut altéré l'universalité.

L'Oeil divin omniprésent
dans son triangle,
et le "Dai Ngoc Co",
la grande corbeille à bec
dont la pointe est sculptée
en forme de tête de phénix

Le Cao Dai étonne par l'étendue de son syncrétisme et de sa tolérance. Il surprend encore, et doublement, par l'utilisation du symbole maçonnique de l'oeil ouvert dans un triangle, puis par l'utilisation du canal spirite dans sa révélation fondatrice. Ce n'est pourtant pas, en soi, plus scandaleux, (au sens étymologique), que l'illumination reçue par de nombreux fondateurs. Les voies de Dieu ne sont elles pas impénétrables? Après la révélation de la divinité de l'Esprit invoqué, Ngô Van Chiêun recruta plus de vingt mille fidèles en deux mois. La nouvelle religion d'étendit rapidement et il en devint rapidement le grand prêtre. Il fit construire près de Saigon la cathédrale de Tay Ninh avec dôme et clochers. C'est un temple immense et merveilleux qui comprend une longue et haute nef très décorée appuyée sur des rangées de colonnes enroulées de dragons. Au fond se dresse un autel sur lequel repose une énorme sphère lumineuse représentant l'univers. C'est le "Globe du Très-Haut", fait d'une ossature de bambou tendue d’étoffe transparente. Il est illuminé de l'intérieur par une lampe perpétuelle qui figure l'âme de tous les vivants. L’œil rayonnant de Cao Daï y est représenté sur un fond de nuages et d’étoiles.

 

Le Globe du Très Haut - Cliquez pour agrandir

Le Cao-Dai et le Hoa Hao ont parfois des attitudes surprenantes. Issues du Bouddhisme, ces groupes sont végétariens et s'interdisent le meurtre et la violence. Cependant, à partir de 1940, ils se politisèrent et constituèrent des milices armées qui intervinrent dans les conflits régionaux. L'armée privée du Cao Dai soutint ainsi les envahisseurs lors de l'invasion japonaise. Associée à de nombreuses dissensions internes, cette attitude amena l'autorité coloniale française à fermer les temples et à en déporter les dirigeants à Madagascar en 1941. Après la guerre, la situation s'améliora progressivement et la liberté des cultes fit rétablie. Pendant le conflit indochinois, le Coa-Dai joignit d'abord le front du Viêt Minh puis appuya l'armée française. En 1954, les accords de paix signés à Genève mirent fin à cette situation ambiguë, mais les groupes armés religieux restèrent en activité. Le Président du nouveau Vietnam, Ngö Dinh Diêm,  décida alors de briser la puissance de ces milices privées en les intégrant de force dans l'armée nationale. En 1956, les hauts dignitaires s'engagèrent enfin à revenir à des activités strictement religieuses, rendant au Cao-Dai sa traditionnelle sérénité.  

  

Le grand temple de Tay Ninh

 

La religion du Cao Dai
 


 

Le Caodaïsme est une doctrine visant essentiellement à la fusion des trois principales religions de l'Orient, le Bouddhisme, le Taoïsme, et le Confucianisme, dont elle recommande de vénérer les fondateurs comme l'on vénère le Christ en Occident. Pour réaliser l'unité fraternelle des religions, le Caodaïsme pratique une très large tolérance envers toutes les formes de foi religieuse, acceptant même les adeptes de l'antique "Culte des Génies" et ceux du Christianisme. L'appellation Cao-Dai est le nom symbolique choisi par l'Être Suprême qui s'est révélé au fondateur de la nouvelle religion par la voie de la médiumnité. Le Caodaïsme tend à concilier toutes les convictions religieuses tout en s'adaptant à tous les degrés de l'évolution spirituelle. Le Caodaïsme croit en un seul Dieu, c'est à dire à un grand Être dont l'Esprit s'est manifesté aux grands sages et aux prophètes tels Moïse, Jésus, Mahomet, Bouddha, Confucius et Lao-tseu. L’Être suprême, s’était déjà manifesté dans Bouddha et Jésus-Christ au cours des deux grandes périodes antérieures. C'est pourquoi le nom complet du caodaïsme est "Daï dao tam ky phô do" qui signifie "la grande voie de la troisième période qui délivre les âmes captives aux enfers". Les caodaïstes nomment cette délivrance « amnistie ».

Inspirée pour une grande part des doctrines des anciennes religions orientales, le Caodaïsme en reconnaît les principes comme étant des vérités éternelles, exprimant la Loi Divine essentielle. Cependant, lorsqu'elle considère que certaines de ces vérités ont été altérées ou déformées par la superstition ou l'ignorance, la nouvelle religion se propose de rétablir leur véritable sens. L'enseignement général du Cao-Dai est résumé dans les formules suivantes. Au plan moral, il rappelle les devoirs de l'homme envers lui-même, sa famille, la société et l'Humanité. Au plan philosophique, il enseigne le mépris des honneurs, de la richesse, du luxe et des servitudes liées à la matière et préconise la recherche de la tranquillité de l'âme. Au plan cultuel, il prône l'adoration de Dieu, Père de tous, et la vénération des Esprits Supérieurs. Le Cao-Dai admet le culte des ancêtres mais proscrit les offrandes carnées et les papiers votifs. Au plan spiritualiste, il croit en la survivance de l'âme et à son évolution par les réincarnations, ainsi qu'aux conséquences posthumes des actions humaines réglées par la loi du karma. Au plan vue initiatique, il révèle aux adeptes qui s'en montrent dignes, les vérités permettant d'engager le processus d'évolution spirituelle menant à la béatitude.

Le nombre des fidèles caodaïstes exige un important clergé. Il comporterait 3.115 membres élus et hiérarchisés dont un Pape, (Duc Giao Tông), 3 Cardinaux Censeurs, (Chuong Phap), 3 Cardinaux régulateurs du culte, (Dâu Su), 36 Archevêques, 72 Évêques et 3000 Prêtres. Le fondateur avait prévu un Bouddha, deux ou trois Immortels, trente six Saints, soixante douze Sages, et trois mille  Prêtres. Les tenues sacerdotales sont distinctives. Le Pape porte une robe blanche brodée du "Bat Quai", (les 8 trigrammes) et il est coiffé de la Mitre pontificale. Les 3114 autres dignitaires sont répartis en trois branches portant des tenues de couleurs différentes. Les "Thai Thanh" représentent la branche du Bouddhisme et portent des vêtements jaunes. Les "Thuong Thanh", les Taoistes, sont vêtus de bleu, et les "Ngoc Thanh" confucianistes sont en rouge. Dans les trois branches, il y a un nombre illimité d'élèves-prêtres. Comme les fidèles, ils sont vêtus de blanc. Un collège féminin a ses propres dignitaires avec une "femme cardinal" à sa tête. Cette Vénérable a les mêmes devoirs et les mêmes pouvoirs que ses homologues masculins. Elle a donc autorité sur les prêtres masculins. Cependant, le collège féminin n’est pas éligible pour occuper les titres de Pape ni de Censeur.

La structure hiérarchisée du clergé reflète le schéma de la conception du Monde selon le Cao Dai. On retrouve le même concept trinitaire dans l'architecture du grand temple de Tay Ninh. Au fond se situe le "bát-quái-Çài", le Temple Octogonal de la Direction Divine. Il figure l’âme de la religion. On y trouve l’autel consacré à Dieu et aux esprits supérieurs, tels les bouddhas, les immortels,  les saints et les génies. C'est la partie très sacrée du sanctuaire, réservée au divin. Plus bas, on trouve le "hiŒp-thiên-Çài", le Temple de l’Alliance Divine. Il représente l’organe de la communication entre le monde invisible et le nôtre. C'est également un lieu sacré qui est réservé au pouvoir spirituel. Les plus hauts dignitaires s'y mettent en liaison spirite et spirituelle avec la divinité et ses émanations, et ils y élaborent les lois religieuses. Enfin, plus éloigné de l'autel, s'étend la grande nef du "cºu-trùng-Çài", le Temple des Neuf Degrés de l’Évolution, qui représente le corps de la religion, la partie physique du Monde. Cette partie du temple est accessible à tout le clergé, des plus hauts dignitaires jusqu'au reste de la hiérarchie. On y célèbre les offices et les divers actes du culte.  Les hommes s'y tiennent à droite et les femmes à gauche, et ils gagnent les étages par des escaliers différents.

Les adeptes du Caodaïsme se répartissent en deux degrés, le "thuong thua", le degré supérieur, et le "ha thua", le degré inférieur. Tous les religieux proprement dits, des dignitaires aux simples moines, constituent le premier degré. Ils s'alimentent de façon exclusivement végétarienne et respectent certaines obligations rituelles et cultuelles. Ils s'interdisent tout luxe et toute relation sexuelle, et leur vie est entièrement vouée au service de la religion. Les autres fidèles constituent la masse des croyants. Ce sont des adeptes du second degré qui vivent de façon ordinaire. Leurs obligations religieuses consistent à pratiquer le culte quotidien et à observer les règles de conduite prescrites par le nouveau code religieux, le Tân luat. Tous les fidèles sont astreints aux "Ngu gioi cam", les 5 interdictions tirées de la morale bouddhique, ne pas tuer, ne pas être cupide, ne pas commettre d'acte de luxure, ne pas faire grande chère, ne pas pécher en paroles. Les adeptes du second degré doivent arriver progressivement à l'alimentation végétarienne. Ils commencent par s'abstenir d'aliments carnés un nombre déterminé de jours par mois. Ils débutent par le "soc vong", un régime temporaire de deux jours par mois, passent au "luc trai", (six jours), puis au "thap trai", (dix jours), et enfin au mois complet.

 

Le service à l'autel

 

 

 

La Symbolique sur l'Autel 

 

 


LES FIGURES SYMBOLIQUES AU DESSUS DE L'AUTEL DU CAO DAI 

 (image de gauche ci-dessous)
 

  L'OEIL DIVIN,
Symbole de DIEU
 
Lao Tseu
(Taoïsme)
Cakyamuni
(Bouddhisme)
Confucius
(Confucianisme) 
Déesse Bodhisattva Kouan-Yin
 (Bouddhisme)
Grand Archange Li T'ai Po
(Taoïsme)
Grand Génie Chinois Quan Thanh
(Confucianisme)
  Statue de Jésus Christ,
(Christianisme)
 
  Chef des Génies Khuong Thai Công,
(Culte chinois des Génies)
 
  Trône du Pape du Cao Dai,
(Représentant des Humains)
 

Sur l'autel du Cao Dai, les diverses figures sont disposées pour présenter horizontalement les représentants de trois anciennes religions et verticalement les délégués de cinq branches spirituelles de la Grand Voie.  Ainsi se matérialise symboliquement le dogme caodaïste de "l'Unification des Trois Anciennes Religions et le Rassemblement de Cinq Branches Spirituelles de la Grande Voie" qui marque le retour à l'Unique Source Divine pour réaliser l'Unité Divine avec l'Être Suprême.

  

Cliquez sur les images pour les agrandir

 

LES OBJETS SACRÉS SUR L'AUTEL CAO DAI

 ( Image de droite, ci-dessus)

  L'OEIL DIVIN  
Plateau de fruits Lampe du Premier Principe de l'Univers Vase de fleurs
Tasse de thé Trois verres d'alcool Tasse d'eau pure
Chandelier Brûle-parfum Chandelier

Au centre, en dessous de l’Oeil divin,  la "Lampe du Premier Principe ou de la Monade" brille jour et nuit. Elle symbolise le TAO qui illumine tout l'Univers, et elle est aussi "La Lampe de la Conscience" qui illumine chaque homme. Un vase de fleurs de cinq couleurs est placé sur la gauche. Un plateau de fruits est placé sur la droite. Une tasse d'eau pure est disposée du côté des fleurs et une tasse de thé du côté des fruits. Elles représentent respectivement le "Principe Positif ou Yang et le Principe Négatif ou Yin". Entre les deux tasses sont posés trois verres d'alcool. Ensemble, les fleurs, l'alcool et le thé représentent les "Trois Précieux Éléments" constitutifs de l'être humain. Dans cette symbolique ternaire, les fleurs représentent le "Sperme ou l'Essence" de la matière, l'alcool représente le "Souffle ou l'Énergie vitale", et le thé représente "l'Esprit Divin ou le Principe Intelligent".

En avant et au milieu de l'autel, il y a un brûle-parfum. On y brûle cinq baguettes d'encens à chaque séance de prière. Ces cinq baguettes d'encens représentent les cinq organes internes de l'homme, le coeur, le foie, l'estomac, les poumons et les reins. Ils correspondent respectivement aux cinq éléments composant l'univers dans la tradition chinoise, le Feu, le Bois, la Terre, le Métal, et l'Eau. Le nombre cinq est aussi celui des cinq degrés croissants de l’initiation. Enfin, à droite et à gauche du brûle-parfums, se trouvent deux  chandeliers avec deux bougies blanches qui représentent encore la dyade du Yin et du Yang. L'ensemble veut signifier que le pratiquant qui unifie en lui les Trois Précieux Éléments, l'Essence de la matière, le Souffle vital et l'Esprit divin, en s'aidant des méthodes et techniques de la méditation caodaïste parvient à l'Illumination et se crée un deuxième corps d'éther invisible avec lequel,  au moment de la mort de son corps physique, son esprit regagnera le Séjour des Bienheureux.

 

 

La salle du Temple de l’Alliance Divine et l'entrée du Temple Octogonal de la Direction divine.

 

Aspects du Culte
 

Même si des religions comme le Christianisme occidental ont été secondairement intégrées au projet, l'unification des trois grandes religions orientales, Bouddhisme, Taoïsme et Confucianisme, constitue l'objectif majeur du Caodaïsme. Le concept essentiel est celui du Tao qui désigne la force, le souffle de l'infini immense et sans forme préexistant à l'Univers. En "Cela" existent deux principes opposés et complémentaires, le Yang positif, et le Yin négatif. Il s'unissent pour donner naissance à la Grande Source de Lumière Divine et à l'Être Suprême appelé Dieu, source de toutes choses. Sur le plan terrestre, le Tao est à la fois l'énergie et la voie mystique que suivent les âmes incarnées par erreur dans le monde terrestre pour revenir vers leur nature et leur demeure premières. Pour les aider dans cette démarche, Dieu est intervenu au cours de deux périodes dans le passé, en s'incarnant dans des êtres humains. Cela permit la fondation de nombreuses religions, mais elles n'ont pas atteint complètement leurs buts. Dans une humanité aujourd'hui plus évoluée, le mot "Cao Dai" a été donné par Dieu pour désigner son intervention par la voie du spiritisme, en cette troisième période d'amnistie, c'est à dire de pardon ou de rachat des âmes.

Statues de Confucius, Bouddha, et Laozi, à l'entrée du Temple de Tay Ninh

Il y aurait eu deux périodes de manifestations divines avant cette troisième période actuelle du Coa Dai. La première période date de plus  de 2500  ans avant J.-C. Les religions suivantes furent alors créées, l'Humanisme par l'Empereur Fou-Hy (4477-4363 avant J.-C.) en Chine, le Culte des Saints en Chine par l'Empereur de la Littérature (Van Xuong Dê Quân), le Judaïsme en Asie Mineure par Moïse, le Taoïsme en Chine par le Maître Suprême du Tao (Thai  Thuong Dao Tô), le Bouddhisme par le Très Ancien Bouddha Dîpankara  (Nhiên Dang Cô Phât) et l'ancien Bouddha Amitabha (A Di Dà Phât) en Inde, et le Védisme ou Brahmanisme primitif en Inde également. Le seconde période commence au 5e siècle avant J.-C. et se termine vars l'an 1500. De nouvelles religions apparurent, le Confucianisme fondé par Confucius en Chine, le Culte des Génies par Khuong Thai Công en Chine, le Christianisme par Jésus Christ en Judée, l'Islam par Mahomet en Arabie, le Taoïsme par Lao Tseu en Chine,  ou le Bouddhisme par Cakyamuni en Inde. En cette Troisième Période, pour le salut de l'humanité, Dieu lui même aurait fondé le Caodaïsme sous le nom "Cao ñài Tiên Ông ñåi BÒ Tát Ma-Ha-Tát" (L'Immortel Bodhisattva-Mahâsattva Cao Dai).

Phuc Kien Hal

Justice, Amour universel et Miséricorde sont les trois principes essentiels du Cao Dai. On reconnaît ici les trois enseignements fondamentaux du Bouddhisme, du Taoïsme et du Confucianisme, les trois grandes religions orientales que la nouvelle religion désire unir par une nouvelle doctrine universelle. Le Confucianisme et le Christianisme enseignent la nécessité de l'exercice de la justice, de l'égalité et de l'impartialité dans toutes les activités de la vie quotidienne. Le Confucianisme conseille aussi de choisir la Voie du Juste Milieu qui unit les opposés par la voie moyenne, et d'éviter tout excès et tout extrême. Le Taoïsme recommande de pratiquer l'Amour Universel idéal et sans bornes ainsi que l'Altruisme envers tous les êtres vivants, en silence et sans laisser de nom ni de trace, dans l'oubli de soi pour le bien-être d'autrui. C'est pourquoi ses disciples doivent être végétariens et partager intégralement le bonheur et le malheur des autres comme étant les leurs mêmes. Le Bouddhisme demande que l'on pratique la miséricorde et l'indulgence, que l'on apporte la joie à ceux qui sont tristes, que l'on adoucisse la misère des malheureux, que l'on aide les pauvres, que l'on secoure les personnes en danger et qu'on soit empli de la Joie intérieure. 

Les trois grands saints du Cao Dai - Au centre, Victor Hugo, (Chuông Dao Nguyêt Tâm Chân Nhân)

Dans le temple de Tây Ninh, on vénère les statues ou images de Confucius, de Laozi, du Bouddha, du Christ, de Quan Vo, (général chinois divinisé), de Li Taibo, (grand poète taoïste), ou de la déesse bouddhique Quan Am. De façon plus surprenante, on invoque aussi Jeanne d’Arc, Shakespeare, Pasteur, Lénine, Churchill, Camille Flammarion, le spirite Allan Kardec, Sun Yat-sen et surtout Victor Hugo (auteur des "Misérables"), quoique le poète ne soit pas en France un modèle de vertu. Face à la  lampe sphérique figurant la Monade universelle, on fait chaque jour des offrandes et l’on dit des prières à six heures, midi, dix-huit heures et minuit. Puis on chante un hymne en l’honneur de Dieu et des Trois Grands Saints. Lors des grandes cérémonies, un prêtre conduit les prières et les hymnes. Des fleurs, de l’alcool, du thé et cinq baguettes d’encens sont offerts sur l'autel durant le culte. Les fleurs symbolisent le sperme, Tinh, l'essence de la matière, l’alcool, le souffle vital, Khi, et le thé, l’esprit, Than, les trois composantes essentielles de l’homme. Dans la pureté du coeur, on travaille à transformer l’énergie vitale en énergie mentale, puis en énergie spirituelle. Et les cinq baguettes d'encens symbolisent les cinq degrés de l’initiation bouddhique.

 

Les  cinq baguettes d'encens

 

 

Les cinq baguettes sur l'autel du Cao Dai symbolisent les cinq degrés de l’initiation bouddhique, la pureté, la méditation, la sagesse, la connaissance supérieure, la libération karmique. L'adepte initié doit pratiquer la méditation. Cet exercice l'aide à se détacher du Monde pour arriver à une intimité avec le Soi Supérieur, cet Être qui réside secrètement à l'intérieur de chaque homme. Dans ce recueillement de l'âme recherchant l'identification avec l'Âme universelle, l'adepte dissipe les illusions du monde et découvre les vérités essentielles.

Être Caodaïste
 

 

Le Cao Dai est une religion austère qui demande à ses adeptes un engagement important. Les candidats doivent être parrainés par deux adeptes qui initient le catéchumène à la doctrine aux lois de la religion. Le jour de son adhésion, le néophyte fait acte de foi devant l'autel. Un dignitaire vient alors installer "l'autel divin" chez le nouveau converti. Le culte caodaïste est un acte d'adoration. La prière altruiste doit être journellement pratiquée par les fidèles, et elle est considérée comme nécessaire au salut des âmes. Pour être admis à l'Initiation, la première condition est une totale pureté, du corps, des actes, du langage, et de la pensée. La conversion confère le titre d'adepte. Il y a deux catégories d'adeptes. Ceux du degré inférieur, (Ha Thua), ont encore des attaches avec le monde et suivent un régime végétarien partiel. Ils doivent observer les "cinq  interdictions" et les autres lois religieuses applicables à leur catégorie. Ceux du degré supérieur, (Thuong Thua), suivent un régime exclusivement végétarien. En plus des "cinq interdictions", ils se conforment aux "quatre principales observances". Les adeptes du degré inférieur qui respectent les obligations peuvent être admis à recevoir un début d'initiation dans des cellules de méditation.

Musiciens et choeurs dans le Temple

Les cinq interdictions s'imposent à tous les fidèles.  1 - Ne pas tuer les êtres vivants. 2 - Ne pas être cupide, ne pas voler ni garder un objet trouvé, ni se livrer aux jeux d'agent. 3 - Ne pas commettre d'acte de luxure, ne pas prendre la femme d'un autre ni exciter à l'amour par des paroles flatteuses. 4 - Ne pas faire grande chère, éviter tout excés de table et se garder de l'ivresse, ne pas user de boissons enivrantes ni de mets recherchés. 5 - Ne pas pécher en parole ni mentir, ne pas tromper ni altérer la vérité, ne pas se vanter,  ni juger ou se moquer des autres, ne pas pousser à la haine ni prononcer d'injures, ni  blasphémer, ni manquer à sa parole. Les adeptes du degré supérieur doivent aussi suivre les quatre observances. 1 - Obéir aux ordres des supérieurs, accepter les suggestions des inférieurs, se montrer poli envers tout le monde, reconnaître ses torts et s'en repentir. 2 - Ne pas tirer vanité de ses talents, s'oublier pour les autres et les aider dans la religion, se garder des rancunes personnelles. 3 - Être d'une honnêteté absolue en matière d'argent. Enseigner sans hauteur et sans morgue. Conseiller sans irrévérence. 4 - Conserver une attitude respectueuse vis à vis des supérieurs, présents ou absents. Placer l'intérêt général avant l'intérêt personnel.

Dévotion

Le Cao Dai pourrait être comparé à la religion syncrétique chinoise. Cependant, le Cao Dai respecte toutes les croyances d'autrui quand elles ne conduisent pas au fanatisme et à l'hérésie. En dehors de l'adoration fondamentale du Dieu Suprême, ses adeptes peuvent librement vénérer d'autres dieux s'ils ont conquis leur cœur. Les Caodaïstes considèrent que les autres religions émanent aussi de la divinité. Ils admettent toute religion fondée sur les révélations de la conscience et du cœur ou sur la nature psychique de l'individu et sur les sentiments d'amour et de solidarité de la société humaine. Dans une attitude de très grande tolérance, ils tendent donc à synthétiser tous les systèmes religieux et philosophiques pour essayer de satisfaire au besoin de certitude métaphysique des âmes contemporaines. Ils ignorent également l'esprit de race et les patries terrestres et les confondent toutes dans l'Unité divine embrassant tout l'univers. Ils témoignent de fraternité envers tous les hommes et de bonté envers les animaux, et même envers les végétaux. Les Caodaïstes doivent se vouer en toute circonstance au service du prochain. Ils doivent être prêts à aider leurs semblables et à tendre une main secourable à tous ceux qui ont besoin de son aide. 

 

Fidèles dans le Temple

 

Sortie du Temple

 

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