Poésie médiévale

Les 14 Lais Bretons de Marie de France 

Dédicace du Prologue aux Lais

 
 
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Les deux Prologues
Information sur le prologue

Les douze Lais

Dédicace à M. de la Rue

 
Voici la dédicace extraite du Prologue des Lais de Marie de France
 
 
 


En l'onur de vus, nobles reis,
Ki tant estes pruz e curteis,
A qui tute joie s'encline,
E en qui quer tuz biens racine,
M'entremis des lais assembler
Par rime faire e reconter.
En mun quer pensoe e diseie,
Sire, ques vos presentereie.
Se vos les plaist a receveir,
Mult me ferez grant joie aveir;
A tuz jurs mais en serrai liee.
Ne me tenez a surquidiee,
Se vos os faire icest present.
Ore oëz le comencement !

Traduction approchée

C'est par vos ordres, noble Prince,
 Si preux et si courtois,
 vous qui possédez toutes
 les qualités du cœur et de l'esprit,
 que j'ai rassemblé les Lais que j'ai traités.
 Aussi la reconnoissance me fait-elle un devoir
 de vous en faire l'hommage;
 je n'éprouverai jamais de plaisir plus grand,
 si vous daignez l'accepter,
 et ne perdrai jamais le souvenir de cette faveur.
 Veuillez ne pas m'accuser de présomption,
si j'ose vous offrir mon travail,
 et daignez en écouter le commencement.

Cette traduction est celle proposée de Mr B. de Roquefort

 
   
 
Informations sur ce Prologue
 
 
 

Le surnom de Marie indique qu'elle naquit en France sans indiquer dans quelle province elle avait vu le jour ni pourquoi elle résidait en Angleterre au début du 13e siècle.  Il est probable qu'elle soit née en Normandie puist qu'elle ait suivi ses parents comme tous les Normands qui passèrent alors en Grande Bretagne.  Cette hypothèse est confortée par son langage qui ne ressemble  à aucun dialecte usité dans le sud de la France. 

 
 

Elle semblait parler couramment la langue de Basse Bretagne  ainsi que le latin. Le duc de Bretagne possédait alors le comté de Richemont en Angleterre, et il est possible que Marie ait appartenu à l'une des familles qui en avait reçu un fief de chevalerie. Cependant, quel qu'en soit la raison, ses écrits ne révèlent aucunement les détails de sa naissance, ni de sa vie privée, ni son véritable nom, ni le rang de sa famille.

 
 

Les premières productions de Marie de France sont des Lais en vers français octosyllabiques, contant diverses aventures galantes de vaillants chevaliers. L'essentiel s'en trouve dans le Museum Britannicum. Des romans de chevalerie ont fourni les sujets de ces Lais, que Marie les ait tirés de ses lectures ou de sa mémoire car elle disait avoir mis en vers des sujets qu'elle avait seulement entendu conter dans sa jeunesse.

 
 

En ces temps là, ces lais bretons étaient fort appréciés. Á l'exemple des anciens bardes gaulois, les ménestrels les chantaient en s'accompagnant d'une harpe ou d'une vielle. Le plus bel hommage qu'on pouvait faire d'un chevalier était de dire qu'à sa valeur guerrière, il joignait le talent de composer ou de chanter des lais en s'accompagnant de la harpe. Puis la mode en passa et la forme pure et classique des Lais s'altéra.

 
 

Le second ouvrage de Marie consiste dans un recueil de nombreuses fables, intitulé le Dit d'Ysopet, (Esope), qu'elle a traduit en vers français. Son prologue et son épilogue précisent que ce travail a été entrepris à la prière d'un homme qu'elle disait fleur de la chevalerie et de la courtoisie. Il devrait s'agir de Guillaume Longue-Épée, fils naturel de Henri II, créé comte de Salisbury et de Romare par Richard-Coeur-de-Lion.

 
 

La dernière production de Marie est le conte du Purgatoire de Saint Patrice, traduit de textes latins et mis en vers français. Ce long récit religieux édifiant est dédié à un Prud'homme qui l'honorait de son estime et de son amitié et qui répandit sur elle ses bienfaits. Ce bienfaisant personnage est resté inconnu. Il est aussi possible que Marie soit encore l'auteur de quelques pièces de poésie demeurées à ce jour  inconnues.

 
 

Les traductions proposées dans ce site, sont tirées de l'ouvrage de Monsieur B. de Roquefort, qui présente en deux volumes l'œuvre complète de Marie de France. Le premier tome contient quatorze lais, entièrement traduits. Le second tome contient cent trois fables inspirée d'Esope, ainsi que le conte chrétien de saint Patrice, dont les traductions sont partielles. La dédicace ci-dessus figure en fin du prologue du tome 1.

 
  Le lien spécifique ci-dessous vous propose une présentation des deux tomes du livre de Mr. de Roquefort, accompagnée des préfaces complètes du tome 1 et des illustrations originales des deux tomes.
 

Présentation du Livre

 
   


Voici la dédicace générale de l'ouvrage de B.de Roquefort

Á MONSIEUR GERVAIS DE LA RUE,

Chanoine honoraire de la cathédrale de Bayeux, professeur d'histoire à F Académie de Caen, correspondant de V Institut de France , membre de la Société des antiquaires de Londres et de France, des Académies de Rouen , de Caen , etc., etc.

Monsieur Et Savant Ami ,

C'est à vous qui avez si bien fait connoître Marie, et qui avez si dignement loué ses compositions, que j'en dédie le recueil. J'ai désiré de le faire paroître sous vos auspices, parce que depuis plusieurs années que je m'occupe de ce travail , vous m'avez sans cesse encouragé à le publier, en me promettant de m'éclairer de vos conseils. Si cet ouvrage obtient le succès qu'il me semble mériter, j'en serai d'autant plus glorieux que je vous en devrai une partie. Au surplus, et je ne m'en défends pas, j'ai cherché à prévenir les savants en ma faveur en leur apprenant que vous m'honorez de votre estime et de votre amitié.

Je suis avec reconnaissance,  Monsieur et savant ami,
Votre tout affectionné  B. de
Roquefort
.


Les Lais de Marie de France
(selon le manuscrit Harley 978)

Ces "Lais" sont des longs poèmes composés entre 1160 et 1180. Seul, le manuscrit Harley 978 contient les douze lais. La langue utilisée est un dialecte anglo-normand, parlé en Normandie et en Bretagne continentale, (ainsi qu'en Grande Bretagne depuis sa conquête par Guillaume le Conquérant). La personnalité de Marie de France est assez mystérieuse. Elle semble être issue d'une  famille noble d'Île de France et aurait  été reçue en tant qu'artiste à la cour du roi Henri II de Plantagenêt, (promoteur probable de la "Geste Arthurienne"). Ces textes sont en principe dans le domaine public. Nous essayons de les proposer dans une forme pratique pour en faciliter l'accès très intéressant et enrichissant dans l'étude de la langue française. 

Le Prologue spécifique aux 12 Lais
Lai de Guigemar Lai du Lanval Lai de Milon
Lai d’Equitan Lai des deus Amanz Lai du Chaitivel (Le Malheureux)
Lai du Fresne Lai de Yonec Lai du Chevrefoil (Chèvrefeuille)
Lai du Bisclavret (loup-garou) Lai du Laüstic (rossignol) Lai d’Eliduc

L'édition de 1820 de l'ouvrage de B. de Roquefort contenait quatorze lais avec leurs traductions en français. On y trouvait donc autres deux lais que l'auteur certifiait être l'œuvre de Marie de France, le Lai de Graelent, qui présente des analogies avec le Lai de Lanval, et dont l'auteur est aujourd'hui incertain, et le Lai de l'Espine, dont Monsieur Gervais de la Rue pense qu'il pourrait avoir été écrit par Guillaume-le-Normand, ce que Monsieur de Roquefort conteste formellement. Pour rendre intégralement le contenu et la portée de l'ouvrage de Mr B. de Roquefort, nous donnons les texte de ces deux lais dans la même forme que les douze précédents.

Lai de Graelent Lai de l’Espine

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